Panzer II – De l’Ausf. a à l’Ausf. J

En juillet 1934, les responsables allemands demandèrent à Krupp, MAN, Henschel et Daimler-Benz, d’étudier un char facile à produire, proche du Pz.Kpfw. I, mais armé d’un canon de 20 millimètres, le 2cm KwK 30 L/55, et d’une masse de dix tonnes. Comme pour le Pz.Kpfw. I, les prototypes utilisèrent une appellation de camouflage évoquant un tracteur agricole. Krupp présenta son projet en premier, mais en définitive une combinaison entre le châssis de MAN et la tourelle de Daimler-Benz fut retenue. Le nouveau char fut appelé Panzerkampfwagen II, abrégé en Pz.Kpfw. II; sa désignation dans la nomenclature du Heereswaffenamt était Sonderkraftfahrzeug 121, abrégé en Sd.Kfz. 121. Le premier prototype en acier doux fut construit et testé en octobre 1935, et dix prototypes furent alors commandés à MAN et Daimler-Benz, puis une présérie de 75 exemplaires dénommés Ausf. a fut produite de mai 1936 à février 1937, avec un moteur Maybach HL57TR et une boîte de vitesses fournie par Zahnradfabrik de Friedrichshafen (au demeurant, toutes les versions furent équipées d’une boîte de vitesses ZF).

Une autre présérie de 25 exemplaires dénommés logiquement Ausf. b fut alors fabriquée en février et mars 1937, avec un blindage additionnel pour la tourelle, une nouvelle suspension et un nouveau moteur plus puissant, le Maybach HL62TR. Une dernière modification majeure intervint avant la production en série et donna lieu à une dernière présérie de 25 exemplaires dénommés Ausf. c et fabriqués de mars à juillet 1937. Les trois couples de petites roues de routes furent remplacés par cinq grandes roues de route, toutes indépendantes, un galet de retour fut ajouté (soit quatre au total) et la longueur et la largeur de l’engin furent augmentées.

La production en série démarra en juillet 1937 et fut confiée à plusieurs fabricants: Alkett, FAMO, Daimler-Benz, Henschel, MAN, MIAG, et Wegmann. Les trois versions successives, Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C, se différenciaient uniquement par des détails mineurs, et furent respectivement fabriquées de juillet 1937 à décembre 1937, de décembre 1937 à juin 1938 et de juin 1938 à avril 1940, pour un total de 1.088 exemplaires. Le canon de 2 cm KwK 30 L/55 avait une cadence de tir théorique de 280 coups par minute. Il était approvisionné par des chargeurs tambour de dix-huit coups, dont le char emportait généralement dix. Une mitrailleuse coaxiale MG-34 de 7,92 mm avec 17 bandes de 250 cartouches complétait l’armement. Celui-ci était monté dans une tourelle biplace permettant de pointer sur 360 ° d’azimut et -9 à +20 ° en site ; il utilisait une lunette de pointage TZF-4. En ce qui concerne la protection, l’Ausf. a était constitué de plaques de 13 millimètres, sauf pour le toit et le plancher, blindés respectivement à 8 et 5 millimètres. Dès l’Ausf. b, le toit fut renforcé à 10 et 12 mm, portant la masse de 7,6 à 7,9 tonnes. Puis sur l’Ausf. A, on porta les autres épaisseurs ainsi que le plancher à 14,5 mm. À partir de mai 1940, suite aux pertes provoquées par les fusils antichars polonais, on commença à ajouter des plaques supplémentaires de 20 mm. Ceci resta la norme jusqu’à 1941, jusqu’à l’arrivée de l’Ausf. F. La largeur des chenilles était de 30,5 cm, et le char était capable de franchir un obstacle vertical de 0,43 m, de gravir une pente de 50 % et de franchir un fossé de 1,72 m de large.

Les Pz.Kpfw. II Ausf. D et E furent conçus comme chars de cavalerie pour la poursuite et l’exploitation. Seule la tourelle était similaire à l’Ausf. C, le châssis étant entièrement différent avec une suspension de type Christie, un moteur Maybach HL62TRM et une nouvelle boîte de vitesse à sept rapports avant et trois rapports arrière. 43 furent produits de mai 1938 à août 1939 par MAN, l’Ausf. E ne se différenciant de l’Ausf. D que par quelques détails concernant la suspension. La suspension Christie permettait une vitesse sur route de 55 km/h, mais la vitesse tout-terrain était inférieure à celle des modèles précédents. En conséquence, la production de l’Ausf. D ne fut pas poursuivie, et les modèles existants, après avoir participé à la campagne de Pologne au sein des Leichte Divisionen, furent reconvertis en chasseurs de chars, canon automoteur, char lance-flammes, etc.

Les Panzer II étaient faiblement blindés, et ils ne pouvaient pas résister aux obus des blindés en dotation dans les armées françaises, anglaises et soviétiques. En fait, ils étaient même vulnérables aux fusils antichars de l’armée polonaise. Du point de vue offensif, de même, leur canon automatique de 20 mm ne pouvait pas percer le blindage des chars adverses. Toutefois, leur blindage les mettait à l’abri des armes légères et des éclats d’obus explosifs, et leur armement restait très efficace contre l’infanterie et les équipages de canons antichars. En outre, la présence de la radio leur permettait une bonne coordination sur le champ de bataille. Enfin, les Panzer II étaient peu coûteux à produire, et leur fiabilité ainsi que leur grande facilité d’entretien leur permettaient de rester disponibles en grand nombre. Pour toutes ces raisons, après une interruption d’un an, la production recommença en mars 1941 avec un nouveau modèle dénommé Ausf. F, qui bien qu’inutile contre la plupart des blindés soviétiques, devait se révéler efficace contre l’infanterie de l’Armée rouge lors de l’opération Barbarossa. Cette nouvelle version bénéficiait d’un blindage grandement amélioré par le montage d’une plaque épaisse de 35 mm sur le devant de la caisse et de plaques de 20 mm sur les flancs; la tourelle elle aussi avait maintenant un blindage de 30 mm. La suspension Christie était abandonnée, au profit d’une suspension renforcée inspirée de celle des premiers modèles à barre de torsion et quatre galets de retour, et un tourelleau pour le chef de char était aménagé. 524 exemplaires furent produits, puis le châssis fut utilisé pour la fabrication de canons automoteurs.

Par la suite, les Allemands essayèrent de nouveau de faire du Pz.Kpfw. II un char rapide de reconnaissance, en perfectionnant encore sa suspension; la suspension à barre de torsion bénéficia d’un système appelé Schachtellaufwerk, où les roues de route se chevauchent pour mieux répartir la pression au sol. Cette innovation permit de garantir une grande vitesse en tout-terrain, ce qui avait fait défaut à l’Ausf. D. Plus tard, le Schachtellaufwerk fut également utilisé pour la production des modèles Panther et Tiger, et expérimenté sur les Pz.Kpfw. III et IV. MAN fabriqua douze prototypes nommés Ausf. G/1, G/2 et G/3 ou VK901 entre avril 1941 et février 1942 en utilisant ce nouveau système, puis encore quatre châssis pour un modèle nommé Ausf. H, dont un seul prototype fut achevé en septembre 1942.

MAN produit également L’Ausf. J (VK1601) à 22 exemplaires de mars à décembre 1942, mais c’était un véhicule complètement différent. Il était petit mais très large, avec des chenilles larges pour un meilleur comportement sur terrain meuble, surtout à l’époque de la raspoutitsa sur le front de l’est. il possédait un bon blindage, 50 mm à l’avant et 30 mm sur les flancs. En revanche, comme son moteur était le même que précédemment, sa vitesse sur route était limitée à 31 km/h. Il était armé d’un canon automatique à tir rapide, le 2cm Panzerbüchse EW141, tout comme l’Ausf. G. Les 22 véhicules de la série rejoignirent les rangs de la 12.Panzerdivision et combattirent à Kursk.

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