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Editorial du 6 septembre 2013

Paradox a sorti en 2011 un jeu en ligne, gratuit et sur navigateur, appelé Hearts Of Iron – The Card Game. Basé sur un système de cartes à échanger et à collectionner, HOI – TCG est un jeu de stratégie basé sur la seconde guerre mondiale.

Paradox Interactive a annoncé le 20 janvier 2011, lors de sa grande conférence annuelle, son intention de sortir dans les mois suivants son premier jeu de cartes à échanger en ligne. Hearts Of Iron – The Card Game est un jeu en ligne sur navigateur qui vous plonge dans la seconde guerre mondiale et vous permet de tester votre habileté de stratège face à des centaines d’autres joueurs. HOI-TCG est naturellement basé sur les précédents titres de la franchise Hearts Of Iron et représente une évolution de la série. Paradox a spécialement créé une filiale appelée Paradox Connect pour développer des jeux gratuits en ligne ainsi que du contenu supplémentaire pour ses titres existants, par exemple des récompenses et des bonus obtenus par les joueurs lorsqu’ils réussissent certaines missions ou réalisations. La franchise Hearts Of Iron représente un style de jeu assez austère; l’amener au format gratuit et en ligne devrait permettre de toucher une nouvelle audience et d’élargir la base des fans de la série.

Le jeu comporte plus de 140 cartes différentes élaborées avec soin; chaque carte comporte une authentique illustration d’époque en noir et blanc, et représente une unité ou une doctrine ayant réellement existé. Le joueur peut personnaliser sa “main” (“deck” comme on dit couramment depuis l’apparition de Magic), en utilisant un éditeur intégré au jeu, puis se confronter à des centaines de joueurs connectés à Paradox Connect. Le jeu est aussi historiquement véridique que possible, le joueur choisit les Alliés, le Komintern ou l’Axe, à travers des modes de jeu variés, qui représentent des expériences renouvelées, mais avec à chaque fois de vrais défis et qui nécessitent dans tous les cas la mise au point d’une stratégie élaborée. Dans Hearts Of Iron – The Card Game, il est toujours possible d’acheter, de vendre et d’échanger des cartes avec les autres joueurs afin d’obtenir la meilleure main possible, en tout cas celle qui convient le mieux à votre style de jeu.

Les cartes sont divisées en plusieurs catégories: les usines (elles fournissent les points nécessaires au déploiement des unités, avec un type d’usine par type d’unité), les unités, les grands chefs militaires, les tactiques de combat (qui nécessitent certaines unités pour être appliquées, et aussi pour être contrées), les événements, etc. La phase de combat se décline en trois étapes en fonction de la portée: artillerie, bataille, combat rapproché. Le jeu se limite toutefois aux unités terrestres et aériennes et au théâtre européen; le théâtre de la guerre du Pacifique n’est pas représenté, ni d’ailleurs les unités navales. Les trois factions permettent de trouver un bon équilibre à la manière du jeu “pierre-papier-ciseaux”: le Komintern dispose des unités les moins chères, l’Axe dispose des unités les plus puissantes et les Alliés disposent des unités les plus polyvalentes.

Le 6 août 2011, le jeu est entré dans sa phase de beta test fermée, et les joueurs ont commencé à s’affronter; les joueurs ayant pu participer à la bêta fermée ont obtenu trois cartes exclusives supplémentaires. En jouant et en obtenant des victoires, on obtient des paquets de cartes supplémentaires (“booster packs”) mais au-delà de la victoire, il est possible aussi de débloquer des distinctions obtenues en réussissant des exploits particuliers, afin de montrer à tous ce dont on est capable. Naturellement, il existe aussi un classement des meilleurs scores.

Bien sûr, le point fort de Hearts Of Iron – The Card game, c’est que Paradox Interactive est un éditeur spécialisé dans les simulations historiques les plus réalistes possibles. L’Histoire en général est une véritable passion pour de nombreuses personnes, et les jeux de Paradox ont une communauté vraiment incroyablement dévouée; il n’est que de voir la qualité des mods réalisés par les fans pour les jeux les plus populaires, comme Europa Universalis et Hearts Of Iron. En outre, la Seconde Guerre Mondiale a changé le destin de millions de personnes, elle est une fresque épique, une lutte titanesque qui continue à fasciner les foules; en conséquence, il y a toujours un public – certes exigeant – pour les jeux de qualité basés sur la Seconde Guerre Mondiale.

Dans la grande campagne au cœur de Hearts Of Iron I, II et III, le joueur prend les rênes de n’importe lequel des 160 pays présents sur la planète et le dirige de 1936 à 1947, en gérant à la fois l’espionnage, la recherche technologique, la gestion des ressources économiques et des productions, la diplomatie et bien sûr la mise sur pied et la conduite des unités militaires terrestres, navales et aériennes partout sur la planète, de la simple milice aux missiles nucléaires à longue portée. Le sentiment d’immersion et d’historicité est total et chaque partie représente des centaines d’heures de jeu. Il est donc préférable d’être un passionné d’histoire militaire pour se plonger dans ces titres, au demeurant pas très chatoyants à l’œil…

Le jeu est sorti en open bêta accessible à tous le 3 octobre 2011. Il fonctionnait correctement et il était bien noté par les critiques, car le gameplay était très bon. Il a obtenu une note de 14/20 autant pour la rédaction que pour les lecteurs de Jeuxvideo.com, et une note moyenne de 7,8/10 pour les lecteurs de Gamespot.com sur un total de 6 votes. Toutefois, le jeu n’a plus été développé ni soutenu à partir du mois d’août 2012, et les serveurs ont été fermés définitivement par Paradox le 3 octobre 2012, exactement un an après son lancement. Le jeu était bien sûr assez austère, disponible uniquement en anglais, et dépourvu de didacticiel. Malgré de grandes qualités, il est possible que de nombreux joueurs n’aient pas eu la patience de s’investir plus avant. En outre, seules les booster packs et les tickets pour participer aux compétitions étaient payants, à un prix d’ailleurs modique. Le jeu n’était donc vraisemblablement pas rentable. Enfin, il est sans doute dommage que le jeu n’ait pas bénéficié d’un portage vers les mobiles, les smartphones et les tablettes tactiles, il existe une demande énorme – et croissante – de jeux pour ces plateformes. En conclusion, l’échec de Hearts Of Iron – the Card Game est d’abord et avant tout l’échec de Paradox Connect, un outil qui a été abandonné par Paradox Interactive tout simplement parce que les joueurs n’en avaient pas besoin. Les simulations éditées par Paradox sont pointues et achetées par une communauté assez fermée de passionnés, essentiellement des hommes entre 30 et 50 ans, qui jouent finalement très peu en multijoueur. Ils se retrouvent sur les forums spécialisés et se moquent bien de l’interaction de leur jeu préféré avec les réseaux sociaux.

Le site du jeu a été purement et simplement détruit; lorsqu’on rentre son adresse sur internet:Hearts Of Iron – The Card Game, il n’y a même pas une page d’accueil avec une simple phrase pour expliquer que le jeu est annulé…
Le forum consacré au jeu sur le site de Paradox est encore lisible, mais il est lui aussi fermé depuis le 6 mars 2013.

Panzer II – De l’Ausf. a à l’Ausf. J

En juillet 1934, les responsables allemands demandèrent à Krupp, MAN, Henschel et Daimler-Benz, d’étudier un char facile à produire, proche du Pz.Kpfw. I, mais armé d’un canon de 20 millimètres, le 2cm KwK 30 L/55, et d’une masse de dix tonnes. Comme pour le Pz.Kpfw. I, les prototypes utilisèrent une appellation de camouflage évoquant un tracteur agricole. Krupp présenta son projet en premier, mais en définitive une combinaison entre le châssis de MAN et la tourelle de Daimler-Benz fut retenue. Le nouveau char fut appelé Panzerkampfwagen II, abrégé en Pz.Kpfw. II; sa désignation dans la nomenclature du Heereswaffenamt était Sonderkraftfahrzeug 121, abrégé en Sd.Kfz. 121. Le premier prototype en acier doux fut construit et testé en octobre 1935, et dix prototypes furent alors commandés à MAN et Daimler-Benz, puis une présérie de 75 exemplaires dénommés Ausf. a fut produite de mai 1936 à février 1937, avec un moteur Maybach HL57TR et une boîte de vitesses fournie par Zahnradfabrik de Friedrichshafen (au demeurant, toutes les versions furent équipées d’une boîte de vitesses ZF).

Une autre présérie de 25 exemplaires dénommés logiquement Ausf. b fut alors fabriquée en février et mars 1937, avec un blindage additionnel pour la tourelle, une nouvelle suspension et un nouveau moteur plus puissant, le Maybach HL62TR. Une dernière modification majeure intervint avant la production en série et donna lieu à une dernière présérie de 25 exemplaires dénommés Ausf. c et fabriqués de mars à juillet 1937. Les trois couples de petites roues de routes furent remplacés par cinq grandes roues de route, toutes indépendantes, un galet de retour fut ajouté (soit quatre au total) et la longueur et la largeur de l’engin furent augmentées.

La production en série démarra en juillet 1937 et fut confiée à plusieurs fabricants: Alkett, FAMO, Daimler-Benz, Henschel, MAN, MIAG, et Wegmann. Les trois versions successives, Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C, se différenciaient uniquement par des détails mineurs, et furent respectivement fabriquées de juillet 1937 à décembre 1937, de décembre 1937 à juin 1938 et de juin 1938 à avril 1940, pour un total de 1.088 exemplaires. Le canon de 2 cm KwK 30 L/55 avait une cadence de tir théorique de 280 coups par minute. Il était approvisionné par des chargeurs tambour de dix-huit coups, dont le char emportait généralement dix. Une mitrailleuse coaxiale MG-34 de 7,92 mm avec 17 bandes de 250 cartouches complétait l’armement. Celui-ci était monté dans une tourelle biplace permettant de pointer sur 360 ° d’azimut et -9 à +20 ° en site ; il utilisait une lunette de pointage TZF-4. En ce qui concerne la protection, l’Ausf. a était constitué de plaques de 13 millimètres, sauf pour le toit et le plancher, blindés respectivement à 8 et 5 millimètres. Dès l’Ausf. b, le toit fut renforcé à 10 et 12 mm, portant la masse de 7,6 à 7,9 tonnes. Puis sur l’Ausf. A, on porta les autres épaisseurs ainsi que le plancher à 14,5 mm. À partir de mai 1940, suite aux pertes provoquées par les fusils antichars polonais, on commença à ajouter des plaques supplémentaires de 20 mm. Ceci resta la norme jusqu’à 1941, jusqu’à l’arrivée de l’Ausf. F. La largeur des chenilles était de 30,5 cm, et le char était capable de franchir un obstacle vertical de 0,43 m, de gravir une pente de 50 % et de franchir un fossé de 1,72 m de large.

Les Pz.Kpfw. II Ausf. D et E furent conçus comme chars de cavalerie pour la poursuite et l’exploitation. Seule la tourelle était similaire à l’Ausf. C, le châssis étant entièrement différent avec une suspension de type Christie, un moteur Maybach HL62TRM et une nouvelle boîte de vitesse à sept rapports avant et trois rapports arrière. 43 furent produits de mai 1938 à août 1939 par MAN, l’Ausf. E ne se différenciant de l’Ausf. D que par quelques détails concernant la suspension. La suspension Christie permettait une vitesse sur route de 55 km/h, mais la vitesse tout-terrain était inférieure à celle des modèles précédents. En conséquence, la production de l’Ausf. D ne fut pas poursuivie, et les modèles existants, après avoir participé à la campagne de Pologne au sein des Leichte Divisionen, furent reconvertis en chasseurs de chars, canon automoteur, char lance-flammes, etc.

Les Panzer II étaient faiblement blindés, et ils ne pouvaient pas résister aux obus des blindés en dotation dans les armées françaises, anglaises et soviétiques. En fait, ils étaient même vulnérables aux fusils antichars de l’armée polonaise. Du point de vue offensif, de même, leur canon automatique de 20 mm ne pouvait pas percer le blindage des chars adverses. Toutefois, leur blindage les mettait à l’abri des armes légères et des éclats d’obus explosifs, et leur armement restait très efficace contre l’infanterie et les équipages de canons antichars. En outre, la présence de la radio leur permettait une bonne coordination sur le champ de bataille. Enfin, les Panzer II étaient peu coûteux à produire, et leur fiabilité ainsi que leur grande facilité d’entretien leur permettaient de rester disponibles en grand nombre. Pour toutes ces raisons, après une interruption d’un an, la production recommença en mars 1941 avec un nouveau modèle dénommé Ausf. F, qui bien qu’inutile contre la plupart des blindés soviétiques, devait se révéler efficace contre l’infanterie de l’Armée rouge lors de l’opération Barbarossa. Cette nouvelle version bénéficiait d’un blindage grandement amélioré par le montage d’une plaque épaisse de 35 mm sur le devant de la caisse et de plaques de 20 mm sur les flancs; la tourelle elle aussi avait maintenant un blindage de 30 mm. La suspension Christie était abandonnée, au profit d’une suspension renforcée inspirée de celle des premiers modèles à barre de torsion et quatre galets de retour, et un tourelleau pour le chef de char était aménagé. 524 exemplaires furent produits, puis le châssis fut utilisé pour la fabrication de canons automoteurs.

Par la suite, les Allemands essayèrent de nouveau de faire du Pz.Kpfw. II un char rapide de reconnaissance, en perfectionnant encore sa suspension; la suspension à barre de torsion bénéficia d’un système appelé Schachtellaufwerk, où les roues de route se chevauchent pour mieux répartir la pression au sol. Cette innovation permit de garantir une grande vitesse en tout-terrain, ce qui avait fait défaut à l’Ausf. D. Plus tard, le Schachtellaufwerk fut également utilisé pour la production des modèles Panther et Tiger, et expérimenté sur les Pz.Kpfw. III et IV. MAN fabriqua douze prototypes nommés Ausf. G/1, G/2 et G/3 ou VK901 entre avril 1941 et février 1942 en utilisant ce nouveau système, puis encore quatre châssis pour un modèle nommé Ausf. H, dont un seul prototype fut achevé en septembre 1942.

MAN produit également L’Ausf. J (VK1601) à 22 exemplaires de mars à décembre 1942, mais c’était un véhicule complètement différent. Il était petit mais très large, avec des chenilles larges pour un meilleur comportement sur terrain meuble, surtout à l’époque de la raspoutitsa sur le front de l’est. il possédait un bon blindage, 50 mm à l’avant et 30 mm sur les flancs. En revanche, comme son moteur était le même que précédemment, sa vitesse sur route était limitée à 31 km/h. Il était armé d’un canon automatique à tir rapide, le 2cm Panzerbüchse EW141, tout comme l’Ausf. G. Les 22 véhicules de la série rejoignirent les rangs de la 12.Panzerdivision et combattirent à Kursk.

Panzer I – de 1940 à 1945

La fabrication de chars en Allemagne resta relativement modeste jusqu’au milieu de la Seconde Guerre Mondiale, et elle s’avéra chroniquement insuffisante en regard de l’ampleur des offensives entreprises. En conséquence, la Heer dut faire flèche de tout bois et compléter les formations avec tous les engins disponibles. Comme 1.500 chars de type Panzer I avaient été construits, ce modèle continua à être employé malgré son obsolescence.

Au printemps 1940, une trentaine de Panzer I participèrent à l’opération Weserübung contre le Danemark et la Norvège. Dans le même temps, près de 500 Panzer I, soit la presque totalité des engins opérationnels et disponibles, furent déployés pour l’invasion de la France, sur un total de 2.574 blindés. Les Français et les Britanniques alignaient un nombre de chars équivalent à celui des Allemands, et les modèles performants (Panzer III et Panzer IV d’un côté, Renault B1-Bis de l’autre) représentaient de part et d’autre environ 20% des effectifs. En outre, de la même manière que les Allemands possédaient encore environ 500 Panzer I, leurs homologues Français disposaient encore de 500 chars Renault FT-17 datant de la Première Guerre mondiale. Toutefois, les Allemands disposaient de plusieurs avantages décisifs qui leur permirent de vaincre rapidement leurs adversaires. L’analyse de cette question remplit aujourd’hui encore des ouvrages entiers, mais on peut citer un exemple en rapport direct avec notre étude: il existait une excellente coordination interarmes qui permettait notamment aux unités blindées de communiquer directement et instantanément par radio aux unités de l’aviation d’assaut les positions adverses à prendre sous leur feu à l’avant immédiat du front.

En février 1941, 25 Panzer I furent envoyés en Libye au sein de la 5. Leichte-Division, mais ils furent rapidement remplacés. En avril 1941, les Panzer I participèrent aussi à l’attaque de la Yougoslavie et de la Grèce, notamment dans la 5. Panzerdivision. Cependant, la plupart des Panzer I encore disponibles furent utilisés pour l’invasion de l’Union Soviétique le 22 juin 1941 (opération Barbarossa). Les Allemands disposaient de 3.300 chars dont 410 Panzer I. Au début de l’offensive, les Allemands ignoraient que les Soviétiques déployaient le KV-1 et le T-34. D’ailleurs, ils étaient relativement peu nombreux en regard de l’immensité du front et mal employés la plupart du temps; toutefois, leur présence créait progressivement une pression qui rendait impossible l’emploi au front des Panzer I, définitivement trop vulnérables. Ils furent donc ramenés à l’arrière et servirent à différentes missions: écolage et entrainement des conducteurs, lutte contre les partisans, amélioration de la logistique, etc. Certains furent par exemple utilisés pour dépanner et remorquer les camions de ravitaillement enlisés dans la boue.

Le Panzer I servit de base pour la fabrication de différents types de véhicules. Le châssis fut utilisé pour le premier char de commandement de l’armée allemande, le Kleiner Befehlspanzer I ou Sd.Kfz.265, conçu par Krupp et produit à 190 exemplaires (soit 6 à partir de l’Ausf.A et 184 à partir de l’Ausf.B) entre 1935 et 1937 par Daimler-Benz. La tourelle rotative était supprimée et remplacée par une haute casemate fixe afin d’accueillir deux radios, une radio Fu2 et une radio Fu6, et son opérateur en plus du conducteur et du chef de char. Une antenne en forme de cadre entourait la casemate pour améliorer la transmission. L’intérieur étant des plus étroits, le char ne disposait que d’une seule mitrailleuse qui était en outre souvent retirée. Ces blindés furent progressivement remplacés entre 1939 et 1942 par des véhicules plus adaptés. Un exemplaire est conservé aujourd’hui au Musée des blindés de Bovington. Quelques chars de commandements furent ensuite modifiés en ambulance armée, le Sanitätskraftwagen I auf Sd.Kfz.265.

Le châssis fut également utilisé sans la tourelle pour fournir le Munitionsschlepper I Ausf A ou Sd.Kfz.111, qui était un transporteur de munitions (ou autre). Sur le même principe, à partir de 1942, tous les exemplaires de Panzer I encore en service furent convertis en Munitionsschlepper auf Panzerkampfwagen Ia ou Ib (Sd.Kfz.111). Destiné à la lutte antiaérienne, le Flakpanzer I auf Sd.Kfz.101 fut produit à environ 24 exemplaires au début de l’année 1941 et servit au sein de la Flak-Abteilung 614. Obtenus par le remplacement de la tourelle du Panzer I par un 2cm Flak 38 L/112.5 ou par modification d’un Munitionschlepper I en y installant la pièce anti-aérienne, le châssis supportait mal le surpoids et le véhicule présentait ainsi de faibles performances. Quelques Panzer I furent également modifiés en chars anti-aériens armés de mitrailleuses lourdes 15mm MG 151/15 Drilling.
202 châssis de l’Ausf. B furent en outre transformés en 1940 et 1941 en chasseurs de chars sous le nom de 4.7cm PaK (t) (Sf) auf Panzerkampfwagen I Ausf. B ou 4.7cm PaK (t) (Sf) auf Sd.Kfz.101, abrégé en Panzerjäger I. La tourelle était remplacée par une casemate ouverte abritant un 4,7cm Pak 36 (t), quelques rares exemplaires étant équipés d’un 3,7cm Pak 35/36 ou d’un 3,7 cm Pak L/45 plus ancien. 38 autres châssis d’Ausf.B furent modifiés par Alkett en janvier et février 1940 pour créer une artillerie automotrice, le 15 cm sIG 33 (Sf) auf Panzerkampfwagen I Ausf B ou 15 cm sIG 33 (Sf) auf Sd.Kfz.101, souvent abrégé en Sturmpanzer I Bison. La tourelle était là aussi remplacée par une casemate ouverte, accueillant cette fois un obusier lourd 15cm sIG 33.

Des porteurs de charges explosives, les Ladungsleger auf Panzerkampfwagen I Ausf A or B, souvent appelés Ladungsleger I ou Zerstörerpanzer furent produits à 100 exemplaires en 1939 et 1940 par la conversion de châssis d’Ausf.A et B. Capables d’emporter 50Kg d’explosifs, ils servirent pendant la bataille de France et en URSS. Les ateliers de l’Afrika Korps transformèrent également des exemplaires de Panzer I Ausf. A en chars lance flammes Flammenwerfer auf PzKpfw I Ausf.A en l’équipant du Flammenwerfer 40. Il existe d’autres reconversions, moins courantes et parfois réalisées par les ateliers de campagne :
- le Pionier-Kampfwagen I (véhicule du génie)
- le Leichte Bergepanzer I (véhicule de dépannage léger)
- l’Instandsetzungstrupp I (transport de troupe et véhicule de dépannage)
- le Fahreschulewagen / Schulfahrzeuge I (véhicule d’entraînement)
- le Minenraumer I Ausf B (véhicule de déminage, 50 exemplaires produits en 1938)
- le Brückenleger I auf PzKpfw I Ausf A (poseur de pont léger, 2 exemplaires produits en 1939)
De leur côté, 511 tourelles de Panzer I furent réutilisées comme pièces d’artillerie sous casemate au sein de fortifications, comme le mur de l’Atlantique.

Enfin, trois autres véhicules de combat s’appelant Panzer I furent conçues et produits entre 1939 et 1942, mais ces chars n’avaient plus rien à voir avec les Ausf.A et Ausf.B en dehors du nom. Le premier de ces trois véhicules, le Panzer I Ausf.C, fut conçu (prototype VK601) conjointement par Krauss-Maffei et Daimler-Benz en 1939 pour créer un blindé léger de reconnaissance bien protégé. L’Ausf.C possédait un nouveau châssis, une nouvelle tourelle, une suspension moderne avec des barres de torsion et cinq roues de guidage des chenilles, ainsi qu’un moteur bien plus puissant, le Maybach HL 45 P développant 150 chevaux. Son blindage avait une épaisseur maximale de 30 mm, plus du double de celui des Ausf.A et Ausf.B, et il était équipé d’un canon automatique EW 141 de 20 mm. Six prototypes furent construits, puis sur les quarante exemplaires de présérie, deux furent déployés dans la 1.Panzerdivision en 1943 et les 38 autres furent utilisés durant la bataille de Normandie.

L’Ausf.D (VK602) était une version améliorée de l’Ausf.C, avec un moteur plus puissant, le Maybach HL 66 P de 180 CV, tandis que l’Ausf.F (VK1801) était destiné au soutien de l’infanterie. Il possédait un blindage maximal de 80 mm et pesait entre 18 et 21 tonnes. L’Ausf.F portait deux mitrailleuses MG-34 de 7,92 mm plus modernes que les MG-13 utilisées dans les versions précédentes. 30 véhicules de ce type furent produits en 1940 et une commande de 100 autres fut par la suite annulée. Comme sur l’Ausf.C, un moteur Maybach HL45 de 150 CV fut utilisé, mais le char étant plus lourd, il autorisait seulement une vitesse sur route de 25 km/h. Huit de ces chars furent déployés dans la 1.Panzerdivision en 1943 et participèrent à la bataille de Koursk. Le reste fut destiné à l’écolage et à l’entrainement des équipages. Quelques exemplaires ont peut-être également combattu dans d’autres secteurs du front de l’est et dans les Balkans.

Panzer I – de 1934 à 1939

A la suite du Leichttraktor, les autorités allemandes continuèrent leurs recherches devant conduire à la fabrication d’un char de combat sous le couvert d’un projet appelé Landwirtschaftlicher Schlepper (« Tracteur agricole ») ou La.S. Les Soviétiques, qui avaient acheté une chenillette Carden-Loyd de l’armée britannique, l’étudièrent conjointement avec les Allemands au camp de Kama, puis la leur cédèrent secrètement. Krupp s’en inspira largement et présenta en juillet 1932 un prototype largement similaire, le Landswerk Krupp A ou LKA avec un glacis incliné et une large casemate centrale. Le char était armé de deux mitrailleuses Dreyse MG-13 de7,92 mm (Maschinengewehr 13). Ces mitrailleuses étaient inefficaces même contre les chars les plus légers de l’époque, ce qui limitait dès le départ le Panzer I à un rôle d’entraînement et à des missions contre l’infanterie.

La casemate fixe de la version produite en masse du LKA fut remplacée par une tourelle rotative et sa construction fut confiée à un groupe comprenant les entreprises Henschel, MAN, Krupp, Daimler et Rheinmetall. Cette version entra en service après des tests en 1934. Même si ces chars continuèrent d’être appelés La.S. ou LKA bien après le début de leur production, leur désignation officielle, attribuée en 1938, était Panzerkampfwagen I Ausführung A (« véhicule de combat blindé I modèle A »). Les quinze premiers chars, produits entre février et mars 1934, ne possédaient pas de tourelle rotative et furent utilisés pour former les conducteurs. Le Panzer I avait un blindage limité au mieux à 13 mm, mais en outre, le char présentait plusieurs défauts de conception dont des problèmes de surchauffe du moteur et de suspension qui faisaient tanguer le véhicule à grande vitesse. Le conducteur était positionné à l’intérieur du châssis et utilisait des leviers de direction pour conduire le char tandis que le commandant, situé dans la tourelle, jouait également le rôle de tireur. Les deux hommes pouvaient communiquer avec des tubes acoustiques. Les munitions des mitrailleuses étaient stockées dans cinq casiers sous la forme de magasins de 25 cartouches. Environ 825 chars de ce type furent construits entre 1934 et 1936.

De nombreux problèmes rencontrés sur l’Ausf. A furent corrigés sur l’Ausf. B. Le moteur, auparavant refroidi à l’air, fut remplacé par un Maybach NL 38 TR à six cylindres refroidis à l’eau et développant 98 cv. Ce moteur plus massif imposa l’allongement du châssis de 40 cm, ce qui permit d’améliorer la suspension du blindé et d’ajouter une roue de guidage pour les chenilles. La boîte de vitesse originale fut également remplacée par un modèle plus fiable. Ces changements augmentèrent la masse du char de 400 kg. La production de l’Ausf. B commença en août 1935 et se termina au début de l’année 1937. Environ 675 chars de ce type furent construits entre 1935 et 1937, ce qui représente donc un total de 1.500 véhicules pour les deux versions.

Lorsque la guerre d’Espagne éclata en 1936, les Soviétiques décidèrent d’aider les Républicains, notamment en envoyant des chars légers T-26. Les Allemands et les Italiens décidèrent de leur côté de soutenir les Nationalistes, en envoyant respectivement des Panzer I et des chenillettes CV-33 et CV-35 (Carro Veloce 33 / Carro Veloce 35). Dès la fin du mois d’octobre 1936, les premiers matériels parvinrent sur place. Au total, entre octobre 1936 et janvier 1939, les Allemands acheminèrent sur place 122 Panzer I Ausf. B, sous le commandement du lieutenant-colonel Wilhelm Ritter Von Thoma (Wilhelm chevalier Von Thoma). Les blindés combattirent aux côtés des Nationalistes au sein du groupe Imker dès le 30 octobre 1936 et rencontrèrent immédiatement des difficultés face aux automitrailleuses soviétiques BA-10 déployées par les Républicains, car elles étaient armées d’un canon de 45 mm qui leur permettait d’engager leurs adversaires à une distance de 500 m, alors que les mitrailleuses des Panzer I ne pouvaient guère percer un blindage au-delà de 150 m.

Le Panzer I fut amélioré par les nationalistes espagnols pour accroître sa puissance de feu. Ils utilisèrent un excellent canon anti-aérien en dotation dans l’armée italienne depuis 1935, le Cannone-Mitragliera da 20/65 modello 35 fabriqué par Breda. L’arme était à la fois très simple d’utilisation et capable de percer 40 mm de blindage à 250 m de distance, ce qui était largement suffisant pour pénétrer le blindage frontal du char léger soviétique T-26, alors le principal opposant des Panzer I. Les prototypes furent finalisés en septembre 1937 et une commande fut passée quand les résultats furent jugés satisfaisants. L’installation du canon Breda à bord du Panzer I obligeait l’agrandissement de la tourelle avec une extension sur le sommet. La préparation de quatre de ces chars fut réalisée à l’usine d’armement de Séville mais la production de nouvelles unités fut annulée car le nombre de T-26 capturés était jugé suffisant et offrait un équivalent plus qu’acceptable aux Panzer I. En outre, la modification pour supporter le canon de 20 mm n’était pas très appréciée des équipages allemands car l’ouverture réalisée dans la tourelle pour permettre au canonnier de viser sa cible était considérée comme un point faible.

À la fin de l’année 1938, un autre Panzer I fut envoyé à l’usine d’armement de Séville pour recevoir un canon de 45 mm capturé sur un char soviétique. Un dernier blindé y fut enfin envoyé pour être équipé d’un canon antichar soviétique de 37 mm, capturé lui aussi. Vraisemblablement, la guerre civile arrivant à son terme, les modifications nécessaires ne furent en fin de compte pas réalisées.

À l’inverse, quelques exemplaires de Panzer I tombés aux mains des républicains furent rééquipés avec un canon antichar français Hotchkiss de 25mm.

A la suite de cela, les Panzer I participèrent à l’invasion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, mais le nombre de pannes mécaniques rencontrées, touchant jusqu’à 30% des chars engagés, demeurait un problème préoccupant. Toutefois, bien que l’Allemagne ait commencé à fabriquer des chars de nouvelle génération, les capacités de production restaient très insuffisantes, et en conséquence, les Panzer I furent déployés en grand nombre pour l’invasion de la Pologne à partir du 1er septembre 1939. Sur environ 2.700 chars engagés, 850 étaient des Panzer I, soit environ un tiers. Les Panzer I avaient un blindage très mince et se révélèrent particulièrement vulnérables aux armes antichars polonaises. En outre, de nombreux chars furent immobilisés à cause de problèmes logistiques. Au final, 320 Panzer I furent mis hors de combat, mais comme la campagne fut brève et victorieuse, les Allemands purent récupérer sur le terrain les engins immobilisés et en réparer environ 230. 90 Panzer I furent définitivement perdus. Au 1er janvier 1940, il y avait encore environ 850 Panzer I en dotation dans l’armée allemande. Ceux-ci allait participer aux nouvelles campagnes de la Wehrmacht.

Le Leichttraktor

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne fut condamnée par le Traité de Versailles à détruire ou à livrer aux vainqueurs tous ses armements lourds existants et également à cesser toute recherche portant sur un quelconque matériel militaire, à l’exception bien entendu de l’équipement des forces de police et d’auto-défense. En ce sens, l’Allemagne fut autorisée par exemple à s’équiper d’auto-mitrailleuses en petit nombre. Les chefs de l’armée allemande étaient bien décidés à contourner autant que possible les limitations du Traité de Versailles, mais comme aucun projet de char ne pouvait être toléré, les études portèrent officiellement sur l’élaboration d’un tracteur agricole. Cela allait permettre le développement de véhicules militaires blindés: des chars et des canons automoteurs.

Cependant, la réalisation de prototypes restait impossible sur le territoire allemand, constamment sous la surveillance des commissions interalliées. Aussi les fabricants allemands installèrent-ils des filiales en pays neutres, la Hongrie et la Suède. Cela permettait aux Allemands de mettre leurs idées en pratique et le résultat des recherches était partagé avec les firmes locales; de plus, les armées hongroises et suédoises achetèrent les quelques prototypes produits. Le plus simple pour les Allemands, à la fois d’un point de vue technique et d’un point de vue financier, était de mettre au point un char léger et rapide qui pouvait être utilisé dans des unités de cavalerie propres à assurer la reconnaissance d’une part, l’exploitation des percées d’autre part. Ce projet fut désigné VK 31.

L’étude de ce nouveau véhicule, bientôt baptisé Leichttraktor, Leichter Traktor ou encore Kleiner Traktor (tracteur léger ou petit tracteur respectivement), fut lancée par la Reichswehr le 28 Mars 1928. Un appel d’offres fut lancé, et le cahier des charges spécifiait un véhicule de combat à chenilles d’un poids de 12 tonnes.  Très rapidement, le poids prévu fut revu et estimé à 7,5 tonnes, avec un blindage de 14 mm à l’avant , un équipage de 4 hommes (chef de char, conducteur, chargeur, radio), et un armement consistant en un canon semi-automatique de 37 mm avec une mitrailleuse co-axiale de 7,92 mm.  Le canon devait être le 3.7 cm Pak L/45 dont Rheinmetall venait de sortir les premiers exemplaires pour l’artillerie tractée. Le char devait aussi avoir une radio pour les communications vocales dans un rayon de 2-3 km et un télégraphe permettant de communiquer en morse jusqu’à 7 km. Il devait être étanche afin de pouvoir passer à gué les cours d’eau et aussi pour pouvoir isoler l’équipage d’une éventuelle attaque chimique. La vitesse devait être de 35 km/h sur route et de 20 km/h en tout-terrain.

Krupp et Rheinmetall (à l’époque pas encore fusionné avec Borsig, ce qui n’interviendra qu’en 1936) répondirent à l’appel d’offres et mirent au point des prototypes très similaires. Les ingénieurs de Rheinmetall se basèrent  sur une suspension à ressorts à lames de tracteur. Chaque côté était doté de 12 roues, protégées par des jupes latérales, avec trois ouvertures pour nettoyer la boue de la suspension. La coque était une combinaison de plaques soudées et rivetées d’acier blindé de 4 à 10 mm d’épaisseur. L’avant abritait la transmission et le moteur Daimler-Benz M36 six cylindres à essence refroidi par liquide, qui pouvait développer 100 CV de puissance. La partie centrale abritait le compartiment du chef de char, le conducteur étant assis sur le côté gauche sous un tourelleau rectangulaire comportant des fentes de vision. L’équipage était donc réduit à deux hommes au lieu de quatre initialement prévus.

Les ingénieurs Krupp n’avaient pas confiance dans les châssis des tracteurs et ont construit leur propre modèle. Le véhicule Krupp était légèrement plus long et plus haut, ce qui permit d’ajouter deux trappes sur le côté pour l’entrée et l’évacuation de l’équipage. Le char Krupp avait 6 petites roues de chaque côté, avec une suspension à ressorts hélicoïdaux. Rheinmetall était responsable de la conception des deux types de tourelles. Quatre prototypes furent construits entre 1929 et 1933 et coûtèrent moins de 50.000 Reichsmarks (soit environ 26.000,00 € de nos jours). Deux prototypes furent construits par Krupp et portèrent les numéros 37 et 38, et deux prototypes furent construits par Rheinmetall avec les numéros 39 et 40.

Les prototypes construits avaient un poids de 9,660 t (Krupp) et 9,880 t (Rheinmetall), une longueur de 4,35 m (Krupp) et 4,21 m (Rheinmetall), une largeur de 2,37 m (Krupp) et 2,26 m (Rheinmetall) et une hauteur de 2,35 m (Krupp) et 2,27 m (Rheinmetall). Les engins, ayant toujours une existence illégale, ne pouvaient être testés en Allemagne même. Cependant, les autorités allemandes avaient développé leur coopération avec l’Union Soviétique à la suite des accords de Rapallo signés en 1922, et les deux nations avaient renforcé leurs liens par un nouveau traité en 1924. En particulier, l’Oberstleutnant aus dem aktiven Dienst Wilhelm Malbrandt (lieutenant-colonel de réserve; âgé d’une cinquantaine d’années, il avait déjà quitté le service actif) avait été envoyé en Union Soviétique en 1926 pour trouver un site propice à l’établissement d’une école de chars et d’un terrain de manœuvre, utilisables conjointement par les deux nations. Malbrandt trouva une caserne d’artillerie désaffectée à Kazan qui convenait parfaitement et un camp fut bientôt installé à cet endroit. Il fut baptisé Kama, un acronyme formé avec les noms Kazan et Malbrandt. Les prototypes furent donc envoyés au camp Kama en 1933 pour être étudiés par une commission technique spéciale créée pour l’occasion et composée conjointement de spécialistes allemands et soviétiques. Les véhicules parcoururent chacun entre 1660 et 1865 km, et il apparut bientôt que, au moins dans les prototypes Rheinmetall, le chef de char et le conducteur se gênaient mutuellement à cause de l’exiguïté de la caisse. En particulier, il était presque impossible d’utiliser la mitrailleuse coaxiale tout en chargeant le canon.

Les spécialistes soviétiques décidèrent que ces véhicules n’étaient pas d’un grand intérêt pour l’Union soviétique. Toutefois, ils étudièrent la suspension, les tourelles (notamment l’installation d’une mitrailleuse coaxiale), ainsi que les radios des chars. Les spécialistes allemands, de leur côté, craignaient qu’une modernisation ne soit pas possible sans augmenter le poids et réduire encore la mobilité déjà insuffisante de ces chars, les rendant définitivement inutilisables.

Entre-temps, en 1932, 289 unités avaient été commandées, mais le projet fut annulé en faveur d’autres développements, tels que le Panzerkampfwagen I. Aucun autre véhicule ne fut produit. La coopération entre l’Union soviétique et l’Allemagne prit fin, KaMa fut fermé et les quatre Leichttraktors furent rapatriés en Allemagne et entreposés à Münster. De 1935 au début de la Seconde Guerre mondiale, ils prirent part aux grandes manœuvres destinées à tester le concept de Panzer-Division au terrain d’entraînement des troupes du camp de Münster (Truppenübungsplatz des Münsterslager). Les Leichttraktors furent ensuite transférés à la toute nouvelle école de tir des blindés de Putlos (Panzerschießschule Putlos), installée près de Oldenburg, entre Kiel et Lübeck dans le Holstein. Ils furent utilisés pour l’entrainement des équipages pendant plusieurs années encore, et furent continuellement modifiés afin d’expérimenter sur le terrain de nouvelles idées dans la conception des futurs chars légers.

Nous n’avons pas d’information portant sur le sort final des quatre prototypes de Leichttraktor qui ont été fabriqués; ils furent probablement ferraillés à la fin de la guerre.