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World Of Tanks – Prochaines mises à jour

World Of Tanks va bientôt accueillir une deuxième branche de chasseurs de chars allemands, puis très rapidement les premiers chars japonais.

World of Tanks est un jeu gratuit en ligne très populaire, qui comme son nom l’indique, permet à deux équipes de 15 joueurs de s’affronter pendant 15 minutes à bord de chars de la seconde guerre mondiale. Les premiers détails au sujet de la prochaine mise à jour (c’est-à-dire la version 8.9) ont fait leur apparition en ligne; essentiellement, le jeu accueillera sept nouveaux chasseurs de chars allemands.

World of Tanks est sorti en avril 2011, et sa popularité a explosé partout dans le monde. Il est aujourd’hui l’un des jeux en ligne les plus suivis dans le monde entier, avec plus de 60 millions d’inscrits.

Naturellement, afin de renouveler l’intérêt du public pour le jeu, World Of Tanks est sans cesse mis à jour, avec de nouveaux chars (il y en a maintenant environ 250…), de nouvelles cartes et des améliorations de toutes sortes (gameplay, graphismes, interface, etc.). Egalement, le jeu fait maintenant partie de la scène internationale du sport électronique, avec des tournois richement dotés et des équipes professionnelles, et une version pour la XBox360 devrait sortir à la fin de l’année.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, sept nouveaux chasseurs de chars allemands vont faire leur apparition dans le jeu. L’annonce faite le 5 septembre 2013 est visible avec des photos de chaque véhicule sur le blog de Overlord. Ils ont tous l’air très impressionnant.

Consultez la liste ci-dessous:

Tier IV – Marder 38T (75mm PaK 40/3)
Tier V – Pz.Sfl.IVc (88mm Flak 41 L/74)
Tier VI – Nashorn (88mm PaK 43 L/71)
Tier VII – Sturer Emil (128mm K40)
Tier VIII – Rheinmetall-Borsig Waffenträger (150mm L/29, 5)
Tier IX – Waffenträger auf Pz. IV (150 mm PaK L/38)
Tier X – Waffenträger E-100 (150mm L/38 avec barillet et chargeur automatique, encore que cette option devra être validée lors des tests)

La mise à jour 8.8 a été implémentée sur les serveurs européens le 11 septembre 2013. Comme les mises à jour se suivent avec un intervalle d’environ cinq à sept semaines, on peut supposer que la prochaine mise à jour sera en ligne dans la deuxième quinzaine d’octobre.

L’actualité de World Of Tanks, c’est aussi une annonce faite le 19 septembre pour le Tokyo Game Show 2013: l’arrivée prochaine d’une nouvelle nation, la septième à rejoindre le jeu. Après l’URSS, l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Chine, c’est au tour du Japon de faire son entrée dans le jeu avec un nouvel arbre technologique japonais couvrant tous les niveaux, du tier I au tier X. Comme pour les autres nations, les chars légers et les chars moyens feront leur entrée d’abord; plus tard suivront les chars lourds, les chasseurs de chars et les canons automoteurs.

La société Wargaming.net, qui édite le jeu World Of Tanks, a signé fin juillet un partenariat commercial avec l’éditeur de l’anime Girls Und Panzer. Les deux univers ont été présentés conjointement au Tokyo Game Show 2013, ce qui devrait permettre à World Of Tanks d’accroître son public au Japon: actuellement le jeu compte 20.000 inscrits dans ce pays, mais la grande popularité de Girls Und Panzer devrait permettre à Wargaming d’augmenter son audience rapidement.

Pour commencer, ce sont 14 nouveaux chars (5 légers et 9 moyens) qui seront introduits:

Tier I: NC-27 Otsu (char Renault d’importation)

Chars légers:

Tier II: Type 97 Te-Ke
Tier III: Type 95 Ha-Go
Tier IV: Type 98 Ke-Ni
Tier V: Type 5 Ke-Ho

Chars moyens:

Tier II: Type 97 Chi-Ni
Tier III: Type 97 Chi-Ha
Tier IV: Type 1 Chi-He
Tier V: Type 3 Chi-Nu
Tier VI: Type 4 Chi-To
Tier VII: Type 5 Chi-Ri
Tier VIII: Type 61
Tier IX: STA1
Tier X: STB1

Le Type 89 I-Go sera introduit plus tard en tant que char lourd.

Panzer II – De l’Ausf. a à l’Ausf. J

En juillet 1934, les responsables allemands demandèrent à Krupp, MAN, Henschel et Daimler-Benz, d’étudier un char facile à produire, proche du Pz.Kpfw. I, mais armé d’un canon de 20 millimètres, le 2cm KwK 30 L/55, et d’une masse de dix tonnes. Comme pour le Pz.Kpfw. I, les prototypes utilisèrent une appellation de camouflage évoquant un tracteur agricole. Krupp présenta son projet en premier, mais en définitive une combinaison entre le châssis de MAN et la tourelle de Daimler-Benz fut retenue. Le nouveau char fut appelé Panzerkampfwagen II, abrégé en Pz.Kpfw. II; sa désignation dans la nomenclature du Heereswaffenamt était Sonderkraftfahrzeug 121, abrégé en Sd.Kfz. 121. Le premier prototype en acier doux fut construit et testé en octobre 1935, et dix prototypes furent alors commandés à MAN et Daimler-Benz, puis une présérie de 75 exemplaires dénommés Ausf. a fut produite de mai 1936 à février 1937, avec un moteur Maybach HL57TR et une boîte de vitesses fournie par Zahnradfabrik de Friedrichshafen (au demeurant, toutes les versions furent équipées d’une boîte de vitesses ZF).

Une autre présérie de 25 exemplaires dénommés logiquement Ausf. b fut alors fabriquée en février et mars 1937, avec un blindage additionnel pour la tourelle, une nouvelle suspension et un nouveau moteur plus puissant, le Maybach HL62TR. Une dernière modification majeure intervint avant la production en série et donna lieu à une dernière présérie de 25 exemplaires dénommés Ausf. c et fabriqués de mars à juillet 1937. Les trois couples de petites roues de routes furent remplacés par cinq grandes roues de route, toutes indépendantes, un galet de retour fut ajouté (soit quatre au total) et la longueur et la largeur de l’engin furent augmentées.

La production en série démarra en juillet 1937 et fut confiée à plusieurs fabricants: Alkett, FAMO, Daimler-Benz, Henschel, MAN, MIAG, et Wegmann. Les trois versions successives, Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C, se différenciaient uniquement par des détails mineurs, et furent respectivement fabriquées de juillet 1937 à décembre 1937, de décembre 1937 à juin 1938 et de juin 1938 à avril 1940, pour un total de 1.088 exemplaires. Le canon de 2 cm KwK 30 L/55 avait une cadence de tir théorique de 280 coups par minute. Il était approvisionné par des chargeurs tambour de dix-huit coups, dont le char emportait généralement dix. Une mitrailleuse coaxiale MG-34 de 7,92 mm avec 17 bandes de 250 cartouches complétait l’armement. Celui-ci était monté dans une tourelle biplace permettant de pointer sur 360 ° d’azimut et -9 à +20 ° en site ; il utilisait une lunette de pointage TZF-4. En ce qui concerne la protection, l’Ausf. a était constitué de plaques de 13 millimètres, sauf pour le toit et le plancher, blindés respectivement à 8 et 5 millimètres. Dès l’Ausf. b, le toit fut renforcé à 10 et 12 mm, portant la masse de 7,6 à 7,9 tonnes. Puis sur l’Ausf. A, on porta les autres épaisseurs ainsi que le plancher à 14,5 mm. À partir de mai 1940, suite aux pertes provoquées par les fusils antichars polonais, on commença à ajouter des plaques supplémentaires de 20 mm. Ceci resta la norme jusqu’à 1941, jusqu’à l’arrivée de l’Ausf. F. La largeur des chenilles était de 30,5 cm, et le char était capable de franchir un obstacle vertical de 0,43 m, de gravir une pente de 50 % et de franchir un fossé de 1,72 m de large.

Les Pz.Kpfw. II Ausf. D et E furent conçus comme chars de cavalerie pour la poursuite et l’exploitation. Seule la tourelle était similaire à l’Ausf. C, le châssis étant entièrement différent avec une suspension de type Christie, un moteur Maybach HL62TRM et une nouvelle boîte de vitesse à sept rapports avant et trois rapports arrière. 43 furent produits de mai 1938 à août 1939 par MAN, l’Ausf. E ne se différenciant de l’Ausf. D que par quelques détails concernant la suspension. La suspension Christie permettait une vitesse sur route de 55 km/h, mais la vitesse tout-terrain était inférieure à celle des modèles précédents. En conséquence, la production de l’Ausf. D ne fut pas poursuivie, et les modèles existants, après avoir participé à la campagne de Pologne au sein des Leichte Divisionen, furent reconvertis en chasseurs de chars, canon automoteur, char lance-flammes, etc.

Les Panzer II étaient faiblement blindés, et ils ne pouvaient pas résister aux obus des blindés en dotation dans les armées françaises, anglaises et soviétiques. En fait, ils étaient même vulnérables aux fusils antichars de l’armée polonaise. Du point de vue offensif, de même, leur canon automatique de 20 mm ne pouvait pas percer le blindage des chars adverses. Toutefois, leur blindage les mettait à l’abri des armes légères et des éclats d’obus explosifs, et leur armement restait très efficace contre l’infanterie et les équipages de canons antichars. En outre, la présence de la radio leur permettait une bonne coordination sur le champ de bataille. Enfin, les Panzer II étaient peu coûteux à produire, et leur fiabilité ainsi que leur grande facilité d’entretien leur permettaient de rester disponibles en grand nombre. Pour toutes ces raisons, après une interruption d’un an, la production recommença en mars 1941 avec un nouveau modèle dénommé Ausf. F, qui bien qu’inutile contre la plupart des blindés soviétiques, devait se révéler efficace contre l’infanterie de l’Armée rouge lors de l’opération Barbarossa. Cette nouvelle version bénéficiait d’un blindage grandement amélioré par le montage d’une plaque épaisse de 35 mm sur le devant de la caisse et de plaques de 20 mm sur les flancs; la tourelle elle aussi avait maintenant un blindage de 30 mm. La suspension Christie était abandonnée, au profit d’une suspension renforcée inspirée de celle des premiers modèles à barre de torsion et quatre galets de retour, et un tourelleau pour le chef de char était aménagé. 524 exemplaires furent produits, puis le châssis fut utilisé pour la fabrication de canons automoteurs.

Par la suite, les Allemands essayèrent de nouveau de faire du Pz.Kpfw. II un char rapide de reconnaissance, en perfectionnant encore sa suspension; la suspension à barre de torsion bénéficia d’un système appelé Schachtellaufwerk, où les roues de route se chevauchent pour mieux répartir la pression au sol. Cette innovation permit de garantir une grande vitesse en tout-terrain, ce qui avait fait défaut à l’Ausf. D. Plus tard, le Schachtellaufwerk fut également utilisé pour la production des modèles Panther et Tiger, et expérimenté sur les Pz.Kpfw. III et IV. MAN fabriqua douze prototypes nommés Ausf. G/1, G/2 et G/3 ou VK901 entre avril 1941 et février 1942 en utilisant ce nouveau système, puis encore quatre châssis pour un modèle nommé Ausf. H, dont un seul prototype fut achevé en septembre 1942.

MAN produit également L’Ausf. J (VK1601) à 22 exemplaires de mars à décembre 1942, mais c’était un véhicule complètement différent. Il était petit mais très large, avec des chenilles larges pour un meilleur comportement sur terrain meuble, surtout à l’époque de la raspoutitsa sur le front de l’est. il possédait un bon blindage, 50 mm à l’avant et 30 mm sur les flancs. En revanche, comme son moteur était le même que précédemment, sa vitesse sur route était limitée à 31 km/h. Il était armé d’un canon automatique à tir rapide, le 2cm Panzerbüchse EW141, tout comme l’Ausf. G. Les 22 véhicules de la série rejoignirent les rangs de la 12.Panzerdivision et combattirent à Kursk.

Panzer I – de 1934 à 1939

A la suite du Leichttraktor, les autorités allemandes continuèrent leurs recherches devant conduire à la fabrication d’un char de combat sous le couvert d’un projet appelé Landwirtschaftlicher Schlepper (« Tracteur agricole ») ou La.S. Les Soviétiques, qui avaient acheté une chenillette Carden-Loyd de l’armée britannique, l’étudièrent conjointement avec les Allemands au camp de Kama, puis la leur cédèrent secrètement. Krupp s’en inspira largement et présenta en juillet 1932 un prototype largement similaire, le Landswerk Krupp A ou LKA avec un glacis incliné et une large casemate centrale. Le char était armé de deux mitrailleuses Dreyse MG-13 de7,92 mm (Maschinengewehr 13). Ces mitrailleuses étaient inefficaces même contre les chars les plus légers de l’époque, ce qui limitait dès le départ le Panzer I à un rôle d’entraînement et à des missions contre l’infanterie.

La casemate fixe de la version produite en masse du LKA fut remplacée par une tourelle rotative et sa construction fut confiée à un groupe comprenant les entreprises Henschel, MAN, Krupp, Daimler et Rheinmetall. Cette version entra en service après des tests en 1934. Même si ces chars continuèrent d’être appelés La.S. ou LKA bien après le début de leur production, leur désignation officielle, attribuée en 1938, était Panzerkampfwagen I Ausführung A (« véhicule de combat blindé I modèle A »). Les quinze premiers chars, produits entre février et mars 1934, ne possédaient pas de tourelle rotative et furent utilisés pour former les conducteurs. Le Panzer I avait un blindage limité au mieux à 13 mm, mais en outre, le char présentait plusieurs défauts de conception dont des problèmes de surchauffe du moteur et de suspension qui faisaient tanguer le véhicule à grande vitesse. Le conducteur était positionné à l’intérieur du châssis et utilisait des leviers de direction pour conduire le char tandis que le commandant, situé dans la tourelle, jouait également le rôle de tireur. Les deux hommes pouvaient communiquer avec des tubes acoustiques. Les munitions des mitrailleuses étaient stockées dans cinq casiers sous la forme de magasins de 25 cartouches. Environ 825 chars de ce type furent construits entre 1934 et 1936.

De nombreux problèmes rencontrés sur l’Ausf. A furent corrigés sur l’Ausf. B. Le moteur, auparavant refroidi à l’air, fut remplacé par un Maybach NL 38 TR à six cylindres refroidis à l’eau et développant 98 cv. Ce moteur plus massif imposa l’allongement du châssis de 40 cm, ce qui permit d’améliorer la suspension du blindé et d’ajouter une roue de guidage pour les chenilles. La boîte de vitesse originale fut également remplacée par un modèle plus fiable. Ces changements augmentèrent la masse du char de 400 kg. La production de l’Ausf. B commença en août 1935 et se termina au début de l’année 1937. Environ 675 chars de ce type furent construits entre 1935 et 1937, ce qui représente donc un total de 1.500 véhicules pour les deux versions.

Lorsque la guerre d’Espagne éclata en 1936, les Soviétiques décidèrent d’aider les Républicains, notamment en envoyant des chars légers T-26. Les Allemands et les Italiens décidèrent de leur côté de soutenir les Nationalistes, en envoyant respectivement des Panzer I et des chenillettes CV-33 et CV-35 (Carro Veloce 33 / Carro Veloce 35). Dès la fin du mois d’octobre 1936, les premiers matériels parvinrent sur place. Au total, entre octobre 1936 et janvier 1939, les Allemands acheminèrent sur place 122 Panzer I Ausf. B, sous le commandement du lieutenant-colonel Wilhelm Ritter Von Thoma (Wilhelm chevalier Von Thoma). Les blindés combattirent aux côtés des Nationalistes au sein du groupe Imker dès le 30 octobre 1936 et rencontrèrent immédiatement des difficultés face aux automitrailleuses soviétiques BA-10 déployées par les Républicains, car elles étaient armées d’un canon de 45 mm qui leur permettait d’engager leurs adversaires à une distance de 500 m, alors que les mitrailleuses des Panzer I ne pouvaient guère percer un blindage au-delà de 150 m.

Le Panzer I fut amélioré par les nationalistes espagnols pour accroître sa puissance de feu. Ils utilisèrent un excellent canon anti-aérien en dotation dans l’armée italienne depuis 1935, le Cannone-Mitragliera da 20/65 modello 35 fabriqué par Breda. L’arme était à la fois très simple d’utilisation et capable de percer 40 mm de blindage à 250 m de distance, ce qui était largement suffisant pour pénétrer le blindage frontal du char léger soviétique T-26, alors le principal opposant des Panzer I. Les prototypes furent finalisés en septembre 1937 et une commande fut passée quand les résultats furent jugés satisfaisants. L’installation du canon Breda à bord du Panzer I obligeait l’agrandissement de la tourelle avec une extension sur le sommet. La préparation de quatre de ces chars fut réalisée à l’usine d’armement de Séville mais la production de nouvelles unités fut annulée car le nombre de T-26 capturés était jugé suffisant et offrait un équivalent plus qu’acceptable aux Panzer I. En outre, la modification pour supporter le canon de 20 mm n’était pas très appréciée des équipages allemands car l’ouverture réalisée dans la tourelle pour permettre au canonnier de viser sa cible était considérée comme un point faible.

À la fin de l’année 1938, un autre Panzer I fut envoyé à l’usine d’armement de Séville pour recevoir un canon de 45 mm capturé sur un char soviétique. Un dernier blindé y fut enfin envoyé pour être équipé d’un canon antichar soviétique de 37 mm, capturé lui aussi. Vraisemblablement, la guerre civile arrivant à son terme, les modifications nécessaires ne furent en fin de compte pas réalisées.

À l’inverse, quelques exemplaires de Panzer I tombés aux mains des républicains furent rééquipés avec un canon antichar français Hotchkiss de 25mm.

A la suite de cela, les Panzer I participèrent à l’invasion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, mais le nombre de pannes mécaniques rencontrées, touchant jusqu’à 30% des chars engagés, demeurait un problème préoccupant. Toutefois, bien que l’Allemagne ait commencé à fabriquer des chars de nouvelle génération, les capacités de production restaient très insuffisantes, et en conséquence, les Panzer I furent déployés en grand nombre pour l’invasion de la Pologne à partir du 1er septembre 1939. Sur environ 2.700 chars engagés, 850 étaient des Panzer I, soit environ un tiers. Les Panzer I avaient un blindage très mince et se révélèrent particulièrement vulnérables aux armes antichars polonaises. En outre, de nombreux chars furent immobilisés à cause de problèmes logistiques. Au final, 320 Panzer I furent mis hors de combat, mais comme la campagne fut brève et victorieuse, les Allemands purent récupérer sur le terrain les engins immobilisés et en réparer environ 230. 90 Panzer I furent définitivement perdus. Au 1er janvier 1940, il y avait encore environ 850 Panzer I en dotation dans l’armée allemande. Ceux-ci allait participer aux nouvelles campagnes de la Wehrmacht.

Le Leichttraktor

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne fut condamnée par le Traité de Versailles à détruire ou à livrer aux vainqueurs tous ses armements lourds existants et également à cesser toute recherche portant sur un quelconque matériel militaire, à l’exception bien entendu de l’équipement des forces de police et d’auto-défense. En ce sens, l’Allemagne fut autorisée par exemple à s’équiper d’auto-mitrailleuses en petit nombre. Les chefs de l’armée allemande étaient bien décidés à contourner autant que possible les limitations du Traité de Versailles, mais comme aucun projet de char ne pouvait être toléré, les études portèrent officiellement sur l’élaboration d’un tracteur agricole. Cela allait permettre le développement de véhicules militaires blindés: des chars et des canons automoteurs.

Cependant, la réalisation de prototypes restait impossible sur le territoire allemand, constamment sous la surveillance des commissions interalliées. Aussi les fabricants allemands installèrent-ils des filiales en pays neutres, la Hongrie et la Suède. Cela permettait aux Allemands de mettre leurs idées en pratique et le résultat des recherches était partagé avec les firmes locales; de plus, les armées hongroises et suédoises achetèrent les quelques prototypes produits. Le plus simple pour les Allemands, à la fois d’un point de vue technique et d’un point de vue financier, était de mettre au point un char léger et rapide qui pouvait être utilisé dans des unités de cavalerie propres à assurer la reconnaissance d’une part, l’exploitation des percées d’autre part. Ce projet fut désigné VK 31.

L’étude de ce nouveau véhicule, bientôt baptisé Leichttraktor, Leichter Traktor ou encore Kleiner Traktor (tracteur léger ou petit tracteur respectivement), fut lancée par la Reichswehr le 28 Mars 1928. Un appel d’offres fut lancé, et le cahier des charges spécifiait un véhicule de combat à chenilles d’un poids de 12 tonnes.  Très rapidement, le poids prévu fut revu et estimé à 7,5 tonnes, avec un blindage de 14 mm à l’avant , un équipage de 4 hommes (chef de char, conducteur, chargeur, radio), et un armement consistant en un canon semi-automatique de 37 mm avec une mitrailleuse co-axiale de 7,92 mm.  Le canon devait être le 3.7 cm Pak L/45 dont Rheinmetall venait de sortir les premiers exemplaires pour l’artillerie tractée. Le char devait aussi avoir une radio pour les communications vocales dans un rayon de 2-3 km et un télégraphe permettant de communiquer en morse jusqu’à 7 km. Il devait être étanche afin de pouvoir passer à gué les cours d’eau et aussi pour pouvoir isoler l’équipage d’une éventuelle attaque chimique. La vitesse devait être de 35 km/h sur route et de 20 km/h en tout-terrain.

Krupp et Rheinmetall (à l’époque pas encore fusionné avec Borsig, ce qui n’interviendra qu’en 1936) répondirent à l’appel d’offres et mirent au point des prototypes très similaires. Les ingénieurs de Rheinmetall se basèrent  sur une suspension à ressorts à lames de tracteur. Chaque côté était doté de 12 roues, protégées par des jupes latérales, avec trois ouvertures pour nettoyer la boue de la suspension. La coque était une combinaison de plaques soudées et rivetées d’acier blindé de 4 à 10 mm d’épaisseur. L’avant abritait la transmission et le moteur Daimler-Benz M36 six cylindres à essence refroidi par liquide, qui pouvait développer 100 CV de puissance. La partie centrale abritait le compartiment du chef de char, le conducteur étant assis sur le côté gauche sous un tourelleau rectangulaire comportant des fentes de vision. L’équipage était donc réduit à deux hommes au lieu de quatre initialement prévus.

Les ingénieurs Krupp n’avaient pas confiance dans les châssis des tracteurs et ont construit leur propre modèle. Le véhicule Krupp était légèrement plus long et plus haut, ce qui permit d’ajouter deux trappes sur le côté pour l’entrée et l’évacuation de l’équipage. Le char Krupp avait 6 petites roues de chaque côté, avec une suspension à ressorts hélicoïdaux. Rheinmetall était responsable de la conception des deux types de tourelles. Quatre prototypes furent construits entre 1929 et 1933 et coûtèrent moins de 50.000 Reichsmarks (soit environ 26.000,00 € de nos jours). Deux prototypes furent construits par Krupp et portèrent les numéros 37 et 38, et deux prototypes furent construits par Rheinmetall avec les numéros 39 et 40.

Les prototypes construits avaient un poids de 9,660 t (Krupp) et 9,880 t (Rheinmetall), une longueur de 4,35 m (Krupp) et 4,21 m (Rheinmetall), une largeur de 2,37 m (Krupp) et 2,26 m (Rheinmetall) et une hauteur de 2,35 m (Krupp) et 2,27 m (Rheinmetall). Les engins, ayant toujours une existence illégale, ne pouvaient être testés en Allemagne même. Cependant, les autorités allemandes avaient développé leur coopération avec l’Union Soviétique à la suite des accords de Rapallo signés en 1922, et les deux nations avaient renforcé leurs liens par un nouveau traité en 1924. En particulier, l’Oberstleutnant aus dem aktiven Dienst Wilhelm Malbrandt (lieutenant-colonel de réserve; âgé d’une cinquantaine d’années, il avait déjà quitté le service actif) avait été envoyé en Union Soviétique en 1926 pour trouver un site propice à l’établissement d’une école de chars et d’un terrain de manœuvre, utilisables conjointement par les deux nations. Malbrandt trouva une caserne d’artillerie désaffectée à Kazan qui convenait parfaitement et un camp fut bientôt installé à cet endroit. Il fut baptisé Kama, un acronyme formé avec les noms Kazan et Malbrandt. Les prototypes furent donc envoyés au camp Kama en 1933 pour être étudiés par une commission technique spéciale créée pour l’occasion et composée conjointement de spécialistes allemands et soviétiques. Les véhicules parcoururent chacun entre 1660 et 1865 km, et il apparut bientôt que, au moins dans les prototypes Rheinmetall, le chef de char et le conducteur se gênaient mutuellement à cause de l’exiguïté de la caisse. En particulier, il était presque impossible d’utiliser la mitrailleuse coaxiale tout en chargeant le canon.

Les spécialistes soviétiques décidèrent que ces véhicules n’étaient pas d’un grand intérêt pour l’Union soviétique. Toutefois, ils étudièrent la suspension, les tourelles (notamment l’installation d’une mitrailleuse coaxiale), ainsi que les radios des chars. Les spécialistes allemands, de leur côté, craignaient qu’une modernisation ne soit pas possible sans augmenter le poids et réduire encore la mobilité déjà insuffisante de ces chars, les rendant définitivement inutilisables.

Entre-temps, en 1932, 289 unités avaient été commandées, mais le projet fut annulé en faveur d’autres développements, tels que le Panzerkampfwagen I. Aucun autre véhicule ne fut produit. La coopération entre l’Union soviétique et l’Allemagne prit fin, KaMa fut fermé et les quatre Leichttraktors furent rapatriés en Allemagne et entreposés à Münster. De 1935 au début de la Seconde Guerre mondiale, ils prirent part aux grandes manœuvres destinées à tester le concept de Panzer-Division au terrain d’entraînement des troupes du camp de Münster (Truppenübungsplatz des Münsterslager). Les Leichttraktors furent ensuite transférés à la toute nouvelle école de tir des blindés de Putlos (Panzerschießschule Putlos), installée près de Oldenburg, entre Kiel et Lübeck dans le Holstein. Ils furent utilisés pour l’entrainement des équipages pendant plusieurs années encore, et furent continuellement modifiés afin d’expérimenter sur le terrain de nouvelles idées dans la conception des futurs chars légers.

Nous n’avons pas d’information portant sur le sort final des quatre prototypes de Leichttraktor qui ont été fabriqués; ils furent probablement ferraillés à la fin de la guerre.