Archives mensuelles : août 2013

Editorial du 30 août 2013

L’étude des rythmes de production de matériel de guerre de l’Allemagne nazie par les forces alliées pendant la seconde guerre mondiale a donné lieu à la formalisation d’un fameux problème de probabilités.

Dans la théorie probabiliste, il existe un problème appelé le problème des chars allemands, ainsi appelé car ce problème a été formalisé durant la seconde guerre mondiale alors que les Alliés cherchaient à estimer les chiffres de production de chars de l’industrie allemande. Le problème consiste à estimer le nombre total d’individus dans une population de distribution uniforme et discrète, à partir d’échantillons sans remplacement. In extenso, on entend par distribution uniforme et discrète que tous les individus de la population peuvent être considérés comme des nombres entiers de même valeur; dans le cas d’une production de chars, cela se traduit que les chars sont construits un par un et l’un après l’autre. Le terme échantillon sans remplacement désigne quant à lui un échantillon où les individus sont uniques et ne peuvent pas se retrouver une deuxième fois ailleurs dans la population. Du point de vue des mathématiques, un tel problème peut être étudié soit par les méthodes de la statistique fréquentiste classique, soit par les méthodes de l’inférence bayésienne, avec des résultats divergents dans un cas ou dans l’autre. En outre, l’estimation pourrait être assez différente de la réalité si on doit se contenter de l’observation d’un seul échantillon; a contrario, l’estimation correspond mieux à la réalité si on a pu observer plusieurs échantillons.

Durant le cours de la seconde guerre mondiale, les services de renseignements des Anglais et des Américains redoublèrent d’efforts pour déterminer l’étendue de la production de matériel militaire en Allemagne. Le problème fut abordé sous deux aspects: la collecte de renseignements et l’estimation statistique. A de nombreuses reprises, les résultats obtenus par l’étude statistique furent de meilleure qualité que l’approche conventionnelle qui consistait à conjecturer à partir des observations transmises par les agents de renseignement. A certaines occasions, les deux méthodes furent utilisées conjointement, comme cela fut le cas pour l’estimation des chiffres de production du char Panther juste avant le débarquement en Normandie.

En 1943, seuls les Soviétiques avaient eu à combattre le char Panther, et bien qu’ils aient communiqué les informations en leur possession à l’état major du général Eisenhower, les Anglais et les Américains ne savaient pas trop si ce char représentait une menace ou non. C’est lors de la bataille d’Anzio en Italie (opération Shingle débutée le 22 janvier 1944) que les troupes alliées le découvrirent et durent l’affronter. Il fut immédiatement considéré comme un adversaire impressionnant, grâce à sa vitesse et sa puissance de feu. Toutefois, il fut jugé, à l’instar du Tigre I, que les Alliés avaient rencontré en Tunisie en petit nombre, que ce char ne pouvait vraisemblablement pas être fabriqué en grandes quantités; par conséquent, les troupes qui allaient débarquer en Normandie n’allaient en combattre que très peu. Le gros des forces blindées adverses serait constitué de Panzer III et de Panzer IV, auxquels le Sherman pourrait aisément faire face. Le Panther ne méritait donc pas d’être pris en considération plus avant. Toutefois, juste avant le débarquement, des rumeurs commencèrent à circuler, selon lesquelles de larges quantités de Panther étaient progressivement déployées dans les divisions blindées stationnées dans le nord-ouest de la France.

Les Alliés avaient besoin de s’assurer de la véracité de ces rumeurs; si jamais il fallait effectivement faire face à un nombre important de Panthers dès les premières heures du débarquement, celui-ci risquait d’échouer, car il n’y avait pas de matériel équivalent à opposer. Pour vérifier combien de chars leur seraient opposés, les Alliés tentèrent de déterminer au moins combien de chars avaient déjà été produits par les Allemands. Pour cela, ils utilisèrent les numéros de série récupérés sur les chars déjà détruits ou capturés en Italie. Principalement, il s’agissait des numéros de série des boîtes de vitesses, car ces numéros étaient composés de deux séquences de chiffres ininterrompues et aisément identifiables. Les numéros de série des moteurs et des châssis pouvaient éventuellement être utilisés également, bien que leur utilisation soit plus compliquée. Les numéros de série apparaissant sur d’autres éléments servaient à vérifier et valider les analyses faites sur les boîtes de vitesse. Les roues, en particulier, portaient des numéros qui se suivaient.

Roue de Panther Ausf. G de la 9. SS-Pz-Div. détruit à Bastogne

Roue de Panther, plus d’informations sur http://www.questmasters.us/panther.html

Roue de Panther Ausf. G de la 9. SS-Pz.Div. détruit à Bastogne

Roue de Panther, plus d’informations sur http://www.questmasters.us/panther.html

Les Alliés avaient capturé deux ou trois Panthers complets, ce qui représentait une centaine de roues à examiner. L’analyse de ces roues permit d’estimer le nombre de moules alors utilisés pour la production. En discutant avec des industriels anglais qui fabriquaient des roues similaires, il fut possible d’estimer le nombre de roues produites en considérant le nombre de roues qui pouvaient sortir de chaque moule, et partant de là, d’estimer combien de chars Panther sortaient des chaînes de production chaque mois. En conséquence, il semblait que 270 chars Panther avaient été produits au mois de février 1944. C’était bien plus que ce que les Alliés avaient supposé jusque là. Les archives allemandes retrouvées après-guerre montrèrent que le chiffre réel était de 276 chars Panther fabriqués ce mois-là. L’approche statistique s’était montré bien plus précise que les méthodes d’investigation classiques des services de renseignement, et l’expression “le problème des chars allemands” se répandit rapidement comme le symbole de ce genre d’analyste statistique. Au-delà de l’estimation de la production, l’étude approfondie des numéros de série permit de mieux comprendre l’organisation de la production allemande plus globalement, par exemple le nombre d’usines et leur importance relative les unes par rapport aux autres, la longueur de la chaîne logistique estimée en comparant le délai supposé entre la date de production et la date de versement aux unités combattantes, les changements intervenus dans la production, et l’usage des ressources stratégiques comme le caoutchouc.

En utilisant les mêmes méthodes statistiques pour analyser la production de modèles de chars antérieurs, il sembla qu’en moyenne entre juin 1940 et septembre 1942, les Allemands avaient produits 245 chars chaque mois. Cela devait s’avérer rigoureusement exact. Les chiffres saisis en Allemagne au ministère de l’armement après la guerre faisait état d’un chiffre de 246 chars par mois. Durant la guerre, en revanche, les services de renseignement avaient supposé que l’Allemagne produisait (pour la même période) entre 1 000 et 1 500 chars par mois.

L’analyse par la théorie des probabilités a été utilisée pour la production d’autres armements, en particulier les fusées V-2. Elle n’est pas l’apanage des Alliés pendant la seconde guerre mondiale; les Allemands étudièrent les numéros de série des armements soviétiques, et inversement les Soviétiques étudièrent les numéros de série des armements allemands. Pendant la guerre de Corée quelques années plus tard, les américains réutilisèrent ces méthodes pour déterminer la production soviétique. De nos jours, cette méthode est encore utilisée; il est toutefois possible de garder une certaine confidentialité sur les chiffres de production d’un article donné en cryptant les numéros de série. Il est alors nécessaire de garder la clé de cryptage suffisamment secrète tout en permettant son utilisation par un certain nombre de personnes (techniciens de maintenance ou de réparation essentiellement). L’utilisation du cryptage des numéros de série est donc assez contraignante et hasardeuse pour des articles de grande série.

Panzer II – Le Luchs – Les Conversions

Le modèle suivant fut l’Ausf. L, appelé aussi Luchs (lynx), et répertorié en tant que Sd.Kfz.123. 104 unités furent construites entre septembre 1943 et janvier 1944. Il se révéla être un excellent char de reconnaissance (concept appelé Panzerspähwagen). Il pesait 11,8 tonnes et était propulsé par un moteur Maybach HL 66 de 180 chevaux associé à une boîte de vitesses ZF Aphon SSG48. Le blindage tant à l’avant que sur les flancs était épais de 30mm. Sa vitesse maximale était de 60 km/h sur route et de 42 km/h en tout-terrain et son autonomie était de 290 km. Il était armé du 2cm KwK 38 L/55 avec 330 coups, et d’une mitrailleuse MG-34 avec 2 250 coups. Il était également équipé d’une radio FuG12 MW en réception et d’une radio FuG Spr. A de 80 watts en émission, avec intercom. L’équipage était désormais de quatre hommes, ce qui permettait au chef de char de se concentrer sur son rôle, d’autant plus qu’il disposait de son propre tourelleau. Les Luchs servirent sur le front de l’est et le front de l’ouest jusqu’à la fin de la guerre, au sein des Panzer-Aufklärung-Abteilungen des unités de la Heer et de la Waffen-SS.

Il y eut également un prototype appelé Leopard (VK1602), qui était dérivé du Luchs, mais armé d’un 5 cm KwK39. Il ne fut pas achevé. MAN avait déjà auparavant tenté de fabriquer un Pz.Kpfw. II avec une tourelle ouverte armée d’un 5 cm KwK39, en réutilisant les châssis de l’Ausf.H. 4 prototypes furent construits en août 1942 et furent nommés Ausf.M, mais il ne furent jamais mis en service.

Lorsque le Panzer II fut obsolète, les châssis encore en production furent équipés pour devenir différents types de véhicules. Une conversion notable est la fabrication de 180 (ou 155?) Flammpanzer II Flamingo ou Sd.Kfz. 122, basés sur le châssis des Ausf. D et Ausf. E. Ils furent produits (ou convertis pour 43 d’entre eux) entre janvier 1940 et août 1941 par Wegmann. Ils étaient équipés de la mitrailleuse MG34, mais avec une nouvelle tourelle munie de deux lance-flammes, chacun placé à un des coins avant de la tourelle et capable de couvrir 180° en azimut et 20° en élévation. Commandés à distance de l’intérieur du char, les lance-flammes étaient capables d’envoyer 80 jets de feu d’une durée de 2 à 3 secondes sur une distance de 25 m, grâce à un réservoir de fuel de 320 litres et quatre réservoirs d’azote sous pression placés sur les flancs du char dans des caisses blindées. Le blindage sur l’avant/les flancs/l’arrière était respectivement de 30mm/14,5mm/14,5mm pour la caisse et 30mm/20mm/20mm pour la tourelle. Les dimensions étaient légèrement différentes: un peu plus long (4,90m), un peu plus large (2,40m), mais un peu plus bas (1,85m). Les Flammpanzer embarquaient une radio FuG 2, et il existait deux variantes, soit l’Ausf.A et l’Ausf.B, car la suspension différait légèrement selon les modèles. Ils servirent pendant Barbarossa, au sein des Panzerabteilungen (F) 100 et 101, rattachés respectivement à la 18. et la 7. Panzerdivisionen.

Toutefois, comme leur blindage était nettement insuffisant, on donna l’ordre en décembre 1941 d’en convertir la plupart en chasseurs de chars, ainsi que la plupart des Panzer II encore en service et des châssis en production. Le résultat fut le Marder II, un des chasseurs de chars les plus efficaces de la Heer. La première version, portant la désignation Sd.Kfz. 132, utilisait les châssis à suspension Christie qui équipaient les Panzer II Ausf. D et Ausf. E, ainsi que les Flammenwerferpanzer Flamingo. Les T-34 et les KV-1 soviétiques devaient pouvoir être engagés à distance normale avec un véhicule possédant une bonne mobilité et une bonne puissance de feu. Les Panzerjäger I et les canons anti-tank tractés étaient inadéquats. Dans l’urgence, des canons anti-chars soviétiques de prise, 76,2 mm F22 modèle 1936, furent récupérés et fournis à Alkett et Wegmann. Les canons furent rechambrés pour accepter la munition PanzerGranate 40 alors en dotation dans l’armée allemande, et qui leur conférait une meilleure efficacité. 201 chasseurs de chars furent produits de cette manière, du début de 1942 au début de 1943. Leur appellation exacte était 7.62 cm PaK 36(r) auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II Ausf. D/E. L’arme était installée dans un compartiment ouvert, ce qui lui permettait de conserver un débattement acceptable. Une plaque de 30 mm à l’avant et de 10 à 15 mm sur les côtés faisait office de bouclier, tandis qu’il n’y avait pas de toit ni de protection arrière. L’ensemble avait une silhouette haute de 2,60 m et laissait l’équipage à la fois très repérable et sans protection. Toutefois, le Marder II était redoutable en embuscade à cause de sa puissance de feu.

En janvier 1942, deux châssis furent utilisés et équipés du canon de 5cm PaK 38, sous l’appellation 5 cm PaK 38 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II. Toutefois, sa capacité de pénétration était insuffisante face au T-34. L’expérience fut abandonnée, et lorsque les canons de 7,5 cm devinrent disponibles en nombre et commencèrent à remplacer les PaK 38 de 50 mm, une deuxième version du Marder II fut fabriquée en grand nombre. Elle porta la désignation Sd.Kfz. 131. Cette version était principalement une conversion des Panzer II Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C retirés du service, mais elle utilisa aussi les châssis Ausf. F qui avaient été produits. Tous les modèles étaient donc équipés du 7,5 cm Pak 40 qui commença à équiper la Heer en avril 1942. FAMO, MAN et Daimler-Benz convertirent 576 Panzer II entre juin 1942 et juin 1943, puis FAMO convertit encore 75 Panzer II des dernières séries entre juin 1943 et le début de 1944. Le compartiment de combat était un peu plus large et un peu plus bas de 40 cm (soit 2,20m). Leur appellation était 7.5 cm PaK 40 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II.

Les Panzer II furent également convertis en canons automoteurs, selon deux modèles différents. Le premier modèle fut appelé 15 cm schwere Infanterie Geschütz 33 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II (Selbstfahrlafette), abrégé en Sturmpanzer II Bison. Il accueillait un mortier d’infanterie (howitzer) de 150 mm dans un compartiment ouvert semblable à celui du Marder II, qui lui permettait un débattement de +/- 5° en azimut. Le bouclier avait une épaisseur de seulement 15 mm, et l’engin pesait 11,2 t. Un premier prototype avait été élaboré par Alkett en février 1941 avec le châssis de l’Ausf.B, mais comme le canon était trop lourd, un nouveau châssis allongé de 60 cm et élargi de 32 cm fut extrapolé de celui de l’Ausf.B, avec une sixième roue de route. De larges trappes furent ajoutées à la plate-forme arrière pour mieux refroidir le moteur fourni par Bussing-NAG. 12 engins furent construits et mis en service dans l’Afrika Korps en décembre 1941. Après le développement du Bison, Alkett conçut une version pour le montage de l’obusier de 10,5 cm leichte Feldhaubitze 18/2, sous le nom de Wespe (la guêpe). Le Panzer II s’avéra être un châssis efficace pour cette arme et il fut largement produit. Entre février 1943 et juin 1944, 683 exemplaires furent construits par FAMO dans son usine de Varsovie, plus encore 158 véhicules de transport de munitions construits sur le même châssis. Le Wespe servit avec les forces allemandes sur tous les fronts.

D’autres transformations furent effectuées:
- le Brückenleger auf Panzerkampfwagen II : char porte-pont
- le Leichte Feldhaubitze 18 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II ou Wespe: canon automoteur
- le Munitionsselbstfahrlafette auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II : transport de munitions
- le Panzerkampfwagen II mit Schwimmkörper : version amphibie destinée à l’invasion du Royaume-uni (opération Seelöwe)
- le Bergepanzerwagen auf Panzerkampfwagen II Ausf. J : véhicule de dépannage et de remorquage

Editorial du 23 août 2013

Ubisoft ressuscite Panzer General et lance Panzer General Online, un jeu gratuit sur navigateur

Les amateurs de blindés et de jeux vidéo de stratégie se souviennent encore aujourd’hui d’un jeu extraordinaire, Panzer General, qui fut édité en 1994 par SSI (Strategic Simulations Inc.). Ce jeu fut la cause de bien des nuits blanches, pour moi comme pour bien d’autres personnes. Panzer General était un jeu vidéo de stratégie en tour par tour qui proposait 38 scénarios portant sur la seconde guerre mondiale, de l’invasion de la Pologne (1939) à la chute de Berlin (1945), et surtout cinq campagnes où le joueur incarnait un général allemand de l’Axe : Pologne (1939), Afrique du Nord (1941), Barbarossa (1941), Italie (1943), Kharkov (1943); en fonction des performances du joueur, ces campagnes pouvaient déboucher sur des scénarios fictifs. En particulier, si le joueur réussissait toutes les missions historiques qui lui incombaient, il se voyait proposer d’envahir le Royaume-Uni, puis les Etats-Unis.

La carte en 2D représentait des territoires à l’échelle d’une région ou d’un pays. Elle était divisée en hexagones, chacun représentant un type de terrain (forêt, rivière, ville, désert, montagne, etc.). Le joueur voyait la carte dans son intégralité, mais en revanche, il ne connaissait que les unités ennemies à proximité des siennes. Le résultat du scénario dépendait de la valeur des objectifs atteints à la fin du nombre de tours imparti. Toutes les catégories d’armes pouvaient être utilisées: infanterie, blindés, artillerie, aviation, marine, etc. L’arsenal des différentes nations était fidèlement représenté, à travers une silhouette et des caractéristiques propres à chaque unité: déplacement, carburant, munitions, initiative, portée de repérage des ennemis, portée de tir, expérience, force, niveau de retranchement, capacités d’attaque contre différents types d’adversaires, capacités de défense face aux différents types d’attaque. Le type de terrain apportait des modifications de valeur en attaque, déplacement et défense, et d’ailleurs les conditions météorologiques pouvaient évoluer, apportant elles aussi des modifications aux valeurs d’attaque, de défense et de déplacement. Naturellement, il fallait faire preuve d’un bon sens tactique et savoir combiner l’utilisation des différents types d’unité pour combiner. Le fait que l’ennemi soit caché incitait à la prudence; le nombre limité de tours incitait à l’audace. Bref, Panzer General, comme tout bon jeu de stratégie, était un jeu facile à comprendre et difficile à maîtriser. D’ailleurs, le jeu n’était pas un jeu de grande stratégie à proprement parler; le joueur incarnait une sorte de général en chef, et seulement cela. Il n’avait donc pas accès à la recherche technologique, aux choix politiques ou diplomatiques, ni à la gestion des ressources. A la place, un système où il gagnait (ou perdait) du prestige en fonction de ses résultats, les nouvelles unités à créer coûtant un nombre plus ou moins important de points de prestige.

Le jeu ayant eu un énorme succès, a eu plusieurs suites; aujourd’hui encore, une simple recherche sur Google permet de le trouver aisément en téléchargement gratuit sur des sites spécialisés qui proposent des jeux considérés comme étant tombés dans le domaine public. Ce n’est bien sûr pas strictement le cas, mais peu de gens paieraient pour un jeu vidéo sorti voici bientôt 20 ans, donc Panzer General fait partie de ces jeux dont, de facto, plus personne ne réclamera les droits. Il faudra un émulateur pour le faire fonctionner, mais là aussi c’est assez facile à trouver sur internet (DosBox).

La société de Joel Billings n’existe plus aujourd’hui, mais les actifs de l’entreprise ont fini dans l’escarcelle de Ubisoft il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui Ubi n’exploite plus le label SSI, mais a décidé de ranimer la série, en confiant la réalisation de Panzer General Online à Funatics Software et à sa filiale Blue Byte. Blue Byte a depuis 25 ans créé des titres mythiques eux aussi: Battle Isle, The Settlers, etc. Après avoir été longtemps un studio de développement indépendant, basé à Dusseldorf, la société a finalement été rachetée pour devenir en quelque sorte “Ubisoft Allemagne”. De son côté, Funatics est une société créée en 1998 par des anciens de chez Blue Byte, qui ont étroitement collaboré à la série des Settlers, et qui ont également créé la série des Cultures, et différents jeux comme Paraworld (en freelance). Le projet est donc globalement dans de bonnes mains, chez des gens qui font de bons jeux de gestion/stratégie.

Panzer General Online a été annoncé il y a seulement quatre jours, il n’y a donc pas beaucoup d’informations disponibles à son sujet; la date de lancement de la beta fermée n’est pas connue (elle aura lieu cette année, ce qui est assez vague) mais on peut s’inscrire sur le site de Panzer General Online pour demander à y participer.

Le jeu sera un jeu de stratégie militaire en tour par tour très semblable à son ancêtre, mais il sera un jeu gratuit sur navigateur (sans téléchargement donc). Ainsi, la partie solo sera réduite à une sorte de gros tutoriel, qui comportera une campagne de l’axe basée sur le front de l’ouest, de la bataille de Normandie à la bataille des Ardennes, et une campagne alliée basée sur le front de Méditerranée, de la Sicile à Monte Cassino. La majeure partie du jeu se déroulera en multijoueurs, avec trois modes de jeu, actuellement appelés en anglais: Survival, Skirmish, Ranked Battle. Comme avant, on devra jouer finement en contrôlant de nombreuses unités lors de batailles inspirées de modèles historiques. Toutefois, on pourra collectionner des cartes d’unités d’élite et d’ordres spéciaux et les échanger, les acheter et les revendre, pour se constituer un “deck” original. Le joueur progressera par niveaux, en accumulant des crédits et des points d’expérience; il sera possible de conclure des alliances.

L’annonce a été assortie d’une cinématique de présentation, mais elle ne dévoile rien du gameplay: Vidéo youtube de présentation
Reste les quatre captures d’écran présentes sur le site du jeu, tout de même plus explicites.

Affaire à suivre

Panzer II – De l’Ausf. a à l’Ausf. J

En juillet 1934, les responsables allemands demandèrent à Krupp, MAN, Henschel et Daimler-Benz, d’étudier un char facile à produire, proche du Pz.Kpfw. I, mais armé d’un canon de 20 millimètres, le 2cm KwK 30 L/55, et d’une masse de dix tonnes. Comme pour le Pz.Kpfw. I, les prototypes utilisèrent une appellation de camouflage évoquant un tracteur agricole. Krupp présenta son projet en premier, mais en définitive une combinaison entre le châssis de MAN et la tourelle de Daimler-Benz fut retenue. Le nouveau char fut appelé Panzerkampfwagen II, abrégé en Pz.Kpfw. II; sa désignation dans la nomenclature du Heereswaffenamt était Sonderkraftfahrzeug 121, abrégé en Sd.Kfz. 121. Le premier prototype en acier doux fut construit et testé en octobre 1935, et dix prototypes furent alors commandés à MAN et Daimler-Benz, puis une présérie de 75 exemplaires dénommés Ausf. a fut produite de mai 1936 à février 1937, avec un moteur Maybach HL57TR et une boîte de vitesses fournie par Zahnradfabrik de Friedrichshafen (au demeurant, toutes les versions furent équipées d’une boîte de vitesses ZF).

Une autre présérie de 25 exemplaires dénommés logiquement Ausf. b fut alors fabriquée en février et mars 1937, avec un blindage additionnel pour la tourelle, une nouvelle suspension et un nouveau moteur plus puissant, le Maybach HL62TR. Une dernière modification majeure intervint avant la production en série et donna lieu à une dernière présérie de 25 exemplaires dénommés Ausf. c et fabriqués de mars à juillet 1937. Les trois couples de petites roues de routes furent remplacés par cinq grandes roues de route, toutes indépendantes, un galet de retour fut ajouté (soit quatre au total) et la longueur et la largeur de l’engin furent augmentées.

La production en série démarra en juillet 1937 et fut confiée à plusieurs fabricants: Alkett, FAMO, Daimler-Benz, Henschel, MAN, MIAG, et Wegmann. Les trois versions successives, Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C, se différenciaient uniquement par des détails mineurs, et furent respectivement fabriquées de juillet 1937 à décembre 1937, de décembre 1937 à juin 1938 et de juin 1938 à avril 1940, pour un total de 1.088 exemplaires. Le canon de 2 cm KwK 30 L/55 avait une cadence de tir théorique de 280 coups par minute. Il était approvisionné par des chargeurs tambour de dix-huit coups, dont le char emportait généralement dix. Une mitrailleuse coaxiale MG-34 de 7,92 mm avec 17 bandes de 250 cartouches complétait l’armement. Celui-ci était monté dans une tourelle biplace permettant de pointer sur 360 ° d’azimut et -9 à +20 ° en site ; il utilisait une lunette de pointage TZF-4. En ce qui concerne la protection, l’Ausf. a était constitué de plaques de 13 millimètres, sauf pour le toit et le plancher, blindés respectivement à 8 et 5 millimètres. Dès l’Ausf. b, le toit fut renforcé à 10 et 12 mm, portant la masse de 7,6 à 7,9 tonnes. Puis sur l’Ausf. A, on porta les autres épaisseurs ainsi que le plancher à 14,5 mm. À partir de mai 1940, suite aux pertes provoquées par les fusils antichars polonais, on commença à ajouter des plaques supplémentaires de 20 mm. Ceci resta la norme jusqu’à 1941, jusqu’à l’arrivée de l’Ausf. F. La largeur des chenilles était de 30,5 cm, et le char était capable de franchir un obstacle vertical de 0,43 m, de gravir une pente de 50 % et de franchir un fossé de 1,72 m de large.

Les Pz.Kpfw. II Ausf. D et E furent conçus comme chars de cavalerie pour la poursuite et l’exploitation. Seule la tourelle était similaire à l’Ausf. C, le châssis étant entièrement différent avec une suspension de type Christie, un moteur Maybach HL62TRM et une nouvelle boîte de vitesse à sept rapports avant et trois rapports arrière. 43 furent produits de mai 1938 à août 1939 par MAN, l’Ausf. E ne se différenciant de l’Ausf. D que par quelques détails concernant la suspension. La suspension Christie permettait une vitesse sur route de 55 km/h, mais la vitesse tout-terrain était inférieure à celle des modèles précédents. En conséquence, la production de l’Ausf. D ne fut pas poursuivie, et les modèles existants, après avoir participé à la campagne de Pologne au sein des Leichte Divisionen, furent reconvertis en chasseurs de chars, canon automoteur, char lance-flammes, etc.

Les Panzer II étaient faiblement blindés, et ils ne pouvaient pas résister aux obus des blindés en dotation dans les armées françaises, anglaises et soviétiques. En fait, ils étaient même vulnérables aux fusils antichars de l’armée polonaise. Du point de vue offensif, de même, leur canon automatique de 20 mm ne pouvait pas percer le blindage des chars adverses. Toutefois, leur blindage les mettait à l’abri des armes légères et des éclats d’obus explosifs, et leur armement restait très efficace contre l’infanterie et les équipages de canons antichars. En outre, la présence de la radio leur permettait une bonne coordination sur le champ de bataille. Enfin, les Panzer II étaient peu coûteux à produire, et leur fiabilité ainsi que leur grande facilité d’entretien leur permettaient de rester disponibles en grand nombre. Pour toutes ces raisons, après une interruption d’un an, la production recommença en mars 1941 avec un nouveau modèle dénommé Ausf. F, qui bien qu’inutile contre la plupart des blindés soviétiques, devait se révéler efficace contre l’infanterie de l’Armée rouge lors de l’opération Barbarossa. Cette nouvelle version bénéficiait d’un blindage grandement amélioré par le montage d’une plaque épaisse de 35 mm sur le devant de la caisse et de plaques de 20 mm sur les flancs; la tourelle elle aussi avait maintenant un blindage de 30 mm. La suspension Christie était abandonnée, au profit d’une suspension renforcée inspirée de celle des premiers modèles à barre de torsion et quatre galets de retour, et un tourelleau pour le chef de char était aménagé. 524 exemplaires furent produits, puis le châssis fut utilisé pour la fabrication de canons automoteurs.

Par la suite, les Allemands essayèrent de nouveau de faire du Pz.Kpfw. II un char rapide de reconnaissance, en perfectionnant encore sa suspension; la suspension à barre de torsion bénéficia d’un système appelé Schachtellaufwerk, où les roues de route se chevauchent pour mieux répartir la pression au sol. Cette innovation permit de garantir une grande vitesse en tout-terrain, ce qui avait fait défaut à l’Ausf. D. Plus tard, le Schachtellaufwerk fut également utilisé pour la production des modèles Panther et Tiger, et expérimenté sur les Pz.Kpfw. III et IV. MAN fabriqua douze prototypes nommés Ausf. G/1, G/2 et G/3 ou VK901 entre avril 1941 et février 1942 en utilisant ce nouveau système, puis encore quatre châssis pour un modèle nommé Ausf. H, dont un seul prototype fut achevé en septembre 1942.

MAN produit également L’Ausf. J (VK1601) à 22 exemplaires de mars à décembre 1942, mais c’était un véhicule complètement différent. Il était petit mais très large, avec des chenilles larges pour un meilleur comportement sur terrain meuble, surtout à l’époque de la raspoutitsa sur le front de l’est. il possédait un bon blindage, 50 mm à l’avant et 30 mm sur les flancs. En revanche, comme son moteur était le même que précédemment, sa vitesse sur route était limitée à 31 km/h. Il était armé d’un canon automatique à tir rapide, le 2cm Panzerbüchse EW141, tout comme l’Ausf. G. Les 22 véhicules de la série rejoignirent les rangs de la 12.Panzerdivision et combattirent à Kursk.

Glossaire des termes allemands

VK

VK est un acronyme dont l’origine n’est pas clairement établie. Deux significations sont couramment avancées: les initiales de Versuchskonstruktion (modèle expérimental en allemand), ou celles de Vollkettenkraftfahrzeug (véhicule à moteur entièrement chenillé); toutefois, si on pense à la désignation des véhicules dans le service de l’armement de l’armée de terre (Heereswaffenamt), l’acronyme pour Sonderkraftfahrzeug (véhicule à moteur spécial, en fait tout véhicule accepté pour le service dans l’armée de terre) est Sd.Kfz., ce qui fait penser que l’acronyme pour Vollkettenkraftfahrzeug aurait dû être Vk.Kfz. En outre, Versuchs-konstruktion est composé de deux mots alors que Voll-ketten-kraft-fahr-zeug est composé de cinq mots. Il est donc plus naturel que l’acronyme désigne Versuchskonstruktion (la première lettre de chacun des deux mots). Enfin, “Versuch” (essai, expérimentation) est un terme courant dans le vocabulaire du Heereswaffenamt. Par exemple, on le retrouve dans le nom suivant: Wa.Prüf. 12 – Abteilung für Versuchsplätze. Wa.Prüf. est un acronyme pour Waffenamt Prüfwesen; l’ensemble signifie douzième bureau de tests du service de l’armement – Section pour les terrains d’essais. Il est donc plus vraisemblable que V signifie “Versuch”. Une signification différente est alors avancée: VK désignerait Versuchskraftfahrzeug, c’est-à-dire véhicule à moteur expérimental. Il est bien possible que cette supposition soit finalement la bonne. Certains sites utilisent même l’abréviation Vs.Kfz., sur le modèle de Sd.Kfz.

Panzer I – de 1940 à 1945

La fabrication de chars en Allemagne resta relativement modeste jusqu’au milieu de la Seconde Guerre Mondiale, et elle s’avéra chroniquement insuffisante en regard de l’ampleur des offensives entreprises. En conséquence, la Heer dut faire flèche de tout bois et compléter les formations avec tous les engins disponibles. Comme 1.500 chars de type Panzer I avaient été construits, ce modèle continua à être employé malgré son obsolescence.

Au printemps 1940, une trentaine de Panzer I participèrent à l’opération Weserübung contre le Danemark et la Norvège. Dans le même temps, près de 500 Panzer I, soit la presque totalité des engins opérationnels et disponibles, furent déployés pour l’invasion de la France, sur un total de 2.574 blindés. Les Français et les Britanniques alignaient un nombre de chars équivalent à celui des Allemands, et les modèles performants (Panzer III et Panzer IV d’un côté, Renault B1-Bis de l’autre) représentaient de part et d’autre environ 20% des effectifs. En outre, de la même manière que les Allemands possédaient encore environ 500 Panzer I, leurs homologues Français disposaient encore de 500 chars Renault FT-17 datant de la Première Guerre mondiale. Toutefois, les Allemands disposaient de plusieurs avantages décisifs qui leur permirent de vaincre rapidement leurs adversaires. L’analyse de cette question remplit aujourd’hui encore des ouvrages entiers, mais on peut citer un exemple en rapport direct avec notre étude: il existait une excellente coordination interarmes qui permettait notamment aux unités blindées de communiquer directement et instantanément par radio aux unités de l’aviation d’assaut les positions adverses à prendre sous leur feu à l’avant immédiat du front.

En février 1941, 25 Panzer I furent envoyés en Libye au sein de la 5. Leichte-Division, mais ils furent rapidement remplacés. En avril 1941, les Panzer I participèrent aussi à l’attaque de la Yougoslavie et de la Grèce, notamment dans la 5. Panzerdivision. Cependant, la plupart des Panzer I encore disponibles furent utilisés pour l’invasion de l’Union Soviétique le 22 juin 1941 (opération Barbarossa). Les Allemands disposaient de 3.300 chars dont 410 Panzer I. Au début de l’offensive, les Allemands ignoraient que les Soviétiques déployaient le KV-1 et le T-34. D’ailleurs, ils étaient relativement peu nombreux en regard de l’immensité du front et mal employés la plupart du temps; toutefois, leur présence créait progressivement une pression qui rendait impossible l’emploi au front des Panzer I, définitivement trop vulnérables. Ils furent donc ramenés à l’arrière et servirent à différentes missions: écolage et entrainement des conducteurs, lutte contre les partisans, amélioration de la logistique, etc. Certains furent par exemple utilisés pour dépanner et remorquer les camions de ravitaillement enlisés dans la boue.

Le Panzer I servit de base pour la fabrication de différents types de véhicules. Le châssis fut utilisé pour le premier char de commandement de l’armée allemande, le Kleiner Befehlspanzer I ou Sd.Kfz.265, conçu par Krupp et produit à 190 exemplaires (soit 6 à partir de l’Ausf.A et 184 à partir de l’Ausf.B) entre 1935 et 1937 par Daimler-Benz. La tourelle rotative était supprimée et remplacée par une haute casemate fixe afin d’accueillir deux radios, une radio Fu2 et une radio Fu6, et son opérateur en plus du conducteur et du chef de char. Une antenne en forme de cadre entourait la casemate pour améliorer la transmission. L’intérieur étant des plus étroits, le char ne disposait que d’une seule mitrailleuse qui était en outre souvent retirée. Ces blindés furent progressivement remplacés entre 1939 et 1942 par des véhicules plus adaptés. Un exemplaire est conservé aujourd’hui au Musée des blindés de Bovington. Quelques chars de commandements furent ensuite modifiés en ambulance armée, le Sanitätskraftwagen I auf Sd.Kfz.265.

Le châssis fut également utilisé sans la tourelle pour fournir le Munitionsschlepper I Ausf A ou Sd.Kfz.111, qui était un transporteur de munitions (ou autre). Sur le même principe, à partir de 1942, tous les exemplaires de Panzer I encore en service furent convertis en Munitionsschlepper auf Panzerkampfwagen Ia ou Ib (Sd.Kfz.111). Destiné à la lutte antiaérienne, le Flakpanzer I auf Sd.Kfz.101 fut produit à environ 24 exemplaires au début de l’année 1941 et servit au sein de la Flak-Abteilung 614. Obtenus par le remplacement de la tourelle du Panzer I par un 2cm Flak 38 L/112.5 ou par modification d’un Munitionschlepper I en y installant la pièce anti-aérienne, le châssis supportait mal le surpoids et le véhicule présentait ainsi de faibles performances. Quelques Panzer I furent également modifiés en chars anti-aériens armés de mitrailleuses lourdes 15mm MG 151/15 Drilling.
202 châssis de l’Ausf. B furent en outre transformés en 1940 et 1941 en chasseurs de chars sous le nom de 4.7cm PaK (t) (Sf) auf Panzerkampfwagen I Ausf. B ou 4.7cm PaK (t) (Sf) auf Sd.Kfz.101, abrégé en Panzerjäger I. La tourelle était remplacée par une casemate ouverte abritant un 4,7cm Pak 36 (t), quelques rares exemplaires étant équipés d’un 3,7cm Pak 35/36 ou d’un 3,7 cm Pak L/45 plus ancien. 38 autres châssis d’Ausf.B furent modifiés par Alkett en janvier et février 1940 pour créer une artillerie automotrice, le 15 cm sIG 33 (Sf) auf Panzerkampfwagen I Ausf B ou 15 cm sIG 33 (Sf) auf Sd.Kfz.101, souvent abrégé en Sturmpanzer I Bison. La tourelle était là aussi remplacée par une casemate ouverte, accueillant cette fois un obusier lourd 15cm sIG 33.

Des porteurs de charges explosives, les Ladungsleger auf Panzerkampfwagen I Ausf A or B, souvent appelés Ladungsleger I ou Zerstörerpanzer furent produits à 100 exemplaires en 1939 et 1940 par la conversion de châssis d’Ausf.A et B. Capables d’emporter 50Kg d’explosifs, ils servirent pendant la bataille de France et en URSS. Les ateliers de l’Afrika Korps transformèrent également des exemplaires de Panzer I Ausf. A en chars lance flammes Flammenwerfer auf PzKpfw I Ausf.A en l’équipant du Flammenwerfer 40. Il existe d’autres reconversions, moins courantes et parfois réalisées par les ateliers de campagne :
- le Pionier-Kampfwagen I (véhicule du génie)
- le Leichte Bergepanzer I (véhicule de dépannage léger)
- l’Instandsetzungstrupp I (transport de troupe et véhicule de dépannage)
- le Fahreschulewagen / Schulfahrzeuge I (véhicule d’entraînement)
- le Minenraumer I Ausf B (véhicule de déminage, 50 exemplaires produits en 1938)
- le Brückenleger I auf PzKpfw I Ausf A (poseur de pont léger, 2 exemplaires produits en 1939)
De leur côté, 511 tourelles de Panzer I furent réutilisées comme pièces d’artillerie sous casemate au sein de fortifications, comme le mur de l’Atlantique.

Enfin, trois autres véhicules de combat s’appelant Panzer I furent conçues et produits entre 1939 et 1942, mais ces chars n’avaient plus rien à voir avec les Ausf.A et Ausf.B en dehors du nom. Le premier de ces trois véhicules, le Panzer I Ausf.C, fut conçu (prototype VK601) conjointement par Krauss-Maffei et Daimler-Benz en 1939 pour créer un blindé léger de reconnaissance bien protégé. L’Ausf.C possédait un nouveau châssis, une nouvelle tourelle, une suspension moderne avec des barres de torsion et cinq roues de guidage des chenilles, ainsi qu’un moteur bien plus puissant, le Maybach HL 45 P développant 150 chevaux. Son blindage avait une épaisseur maximale de 30 mm, plus du double de celui des Ausf.A et Ausf.B, et il était équipé d’un canon automatique EW 141 de 20 mm. Six prototypes furent construits, puis sur les quarante exemplaires de présérie, deux furent déployés dans la 1.Panzerdivision en 1943 et les 38 autres furent utilisés durant la bataille de Normandie.

L’Ausf.D (VK602) était une version améliorée de l’Ausf.C, avec un moteur plus puissant, le Maybach HL 66 P de 180 CV, tandis que l’Ausf.F (VK1801) était destiné au soutien de l’infanterie. Il possédait un blindage maximal de 80 mm et pesait entre 18 et 21 tonnes. L’Ausf.F portait deux mitrailleuses MG-34 de 7,92 mm plus modernes que les MG-13 utilisées dans les versions précédentes. 30 véhicules de ce type furent produits en 1940 et une commande de 100 autres fut par la suite annulée. Comme sur l’Ausf.C, un moteur Maybach HL45 de 150 CV fut utilisé, mais le char étant plus lourd, il autorisait seulement une vitesse sur route de 25 km/h. Huit de ces chars furent déployés dans la 1.Panzerdivision en 1943 et participèrent à la bataille de Koursk. Le reste fut destiné à l’écolage et à l’entrainement des équipages. Quelques exemplaires ont peut-être également combattu dans d’autres secteurs du front de l’est et dans les Balkans.

Panzer I – de 1934 à 1939

A la suite du Leichttraktor, les autorités allemandes continuèrent leurs recherches devant conduire à la fabrication d’un char de combat sous le couvert d’un projet appelé Landwirtschaftlicher Schlepper (« Tracteur agricole ») ou La.S. Les Soviétiques, qui avaient acheté une chenillette Carden-Loyd de l’armée britannique, l’étudièrent conjointement avec les Allemands au camp de Kama, puis la leur cédèrent secrètement. Krupp s’en inspira largement et présenta en juillet 1932 un prototype largement similaire, le Landswerk Krupp A ou LKA avec un glacis incliné et une large casemate centrale. Le char était armé de deux mitrailleuses Dreyse MG-13 de7,92 mm (Maschinengewehr 13). Ces mitrailleuses étaient inefficaces même contre les chars les plus légers de l’époque, ce qui limitait dès le départ le Panzer I à un rôle d’entraînement et à des missions contre l’infanterie.

La casemate fixe de la version produite en masse du LKA fut remplacée par une tourelle rotative et sa construction fut confiée à un groupe comprenant les entreprises Henschel, MAN, Krupp, Daimler et Rheinmetall. Cette version entra en service après des tests en 1934. Même si ces chars continuèrent d’être appelés La.S. ou LKA bien après le début de leur production, leur désignation officielle, attribuée en 1938, était Panzerkampfwagen I Ausführung A (« véhicule de combat blindé I modèle A »). Les quinze premiers chars, produits entre février et mars 1934, ne possédaient pas de tourelle rotative et furent utilisés pour former les conducteurs. Le Panzer I avait un blindage limité au mieux à 13 mm, mais en outre, le char présentait plusieurs défauts de conception dont des problèmes de surchauffe du moteur et de suspension qui faisaient tanguer le véhicule à grande vitesse. Le conducteur était positionné à l’intérieur du châssis et utilisait des leviers de direction pour conduire le char tandis que le commandant, situé dans la tourelle, jouait également le rôle de tireur. Les deux hommes pouvaient communiquer avec des tubes acoustiques. Les munitions des mitrailleuses étaient stockées dans cinq casiers sous la forme de magasins de 25 cartouches. Environ 825 chars de ce type furent construits entre 1934 et 1936.

De nombreux problèmes rencontrés sur l’Ausf. A furent corrigés sur l’Ausf. B. Le moteur, auparavant refroidi à l’air, fut remplacé par un Maybach NL 38 TR à six cylindres refroidis à l’eau et développant 98 cv. Ce moteur plus massif imposa l’allongement du châssis de 40 cm, ce qui permit d’améliorer la suspension du blindé et d’ajouter une roue de guidage pour les chenilles. La boîte de vitesse originale fut également remplacée par un modèle plus fiable. Ces changements augmentèrent la masse du char de 400 kg. La production de l’Ausf. B commença en août 1935 et se termina au début de l’année 1937. Environ 675 chars de ce type furent construits entre 1935 et 1937, ce qui représente donc un total de 1.500 véhicules pour les deux versions.

Lorsque la guerre d’Espagne éclata en 1936, les Soviétiques décidèrent d’aider les Républicains, notamment en envoyant des chars légers T-26. Les Allemands et les Italiens décidèrent de leur côté de soutenir les Nationalistes, en envoyant respectivement des Panzer I et des chenillettes CV-33 et CV-35 (Carro Veloce 33 / Carro Veloce 35). Dès la fin du mois d’octobre 1936, les premiers matériels parvinrent sur place. Au total, entre octobre 1936 et janvier 1939, les Allemands acheminèrent sur place 122 Panzer I Ausf. B, sous le commandement du lieutenant-colonel Wilhelm Ritter Von Thoma (Wilhelm chevalier Von Thoma). Les blindés combattirent aux côtés des Nationalistes au sein du groupe Imker dès le 30 octobre 1936 et rencontrèrent immédiatement des difficultés face aux automitrailleuses soviétiques BA-10 déployées par les Républicains, car elles étaient armées d’un canon de 45 mm qui leur permettait d’engager leurs adversaires à une distance de 500 m, alors que les mitrailleuses des Panzer I ne pouvaient guère percer un blindage au-delà de 150 m.

Le Panzer I fut amélioré par les nationalistes espagnols pour accroître sa puissance de feu. Ils utilisèrent un excellent canon anti-aérien en dotation dans l’armée italienne depuis 1935, le Cannone-Mitragliera da 20/65 modello 35 fabriqué par Breda. L’arme était à la fois très simple d’utilisation et capable de percer 40 mm de blindage à 250 m de distance, ce qui était largement suffisant pour pénétrer le blindage frontal du char léger soviétique T-26, alors le principal opposant des Panzer I. Les prototypes furent finalisés en septembre 1937 et une commande fut passée quand les résultats furent jugés satisfaisants. L’installation du canon Breda à bord du Panzer I obligeait l’agrandissement de la tourelle avec une extension sur le sommet. La préparation de quatre de ces chars fut réalisée à l’usine d’armement de Séville mais la production de nouvelles unités fut annulée car le nombre de T-26 capturés était jugé suffisant et offrait un équivalent plus qu’acceptable aux Panzer I. En outre, la modification pour supporter le canon de 20 mm n’était pas très appréciée des équipages allemands car l’ouverture réalisée dans la tourelle pour permettre au canonnier de viser sa cible était considérée comme un point faible.

À la fin de l’année 1938, un autre Panzer I fut envoyé à l’usine d’armement de Séville pour recevoir un canon de 45 mm capturé sur un char soviétique. Un dernier blindé y fut enfin envoyé pour être équipé d’un canon antichar soviétique de 37 mm, capturé lui aussi. Vraisemblablement, la guerre civile arrivant à son terme, les modifications nécessaires ne furent en fin de compte pas réalisées.

À l’inverse, quelques exemplaires de Panzer I tombés aux mains des républicains furent rééquipés avec un canon antichar français Hotchkiss de 25mm.

A la suite de cela, les Panzer I participèrent à l’invasion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie, mais le nombre de pannes mécaniques rencontrées, touchant jusqu’à 30% des chars engagés, demeurait un problème préoccupant. Toutefois, bien que l’Allemagne ait commencé à fabriquer des chars de nouvelle génération, les capacités de production restaient très insuffisantes, et en conséquence, les Panzer I furent déployés en grand nombre pour l’invasion de la Pologne à partir du 1er septembre 1939. Sur environ 2.700 chars engagés, 850 étaient des Panzer I, soit environ un tiers. Les Panzer I avaient un blindage très mince et se révélèrent particulièrement vulnérables aux armes antichars polonaises. En outre, de nombreux chars furent immobilisés à cause de problèmes logistiques. Au final, 320 Panzer I furent mis hors de combat, mais comme la campagne fut brève et victorieuse, les Allemands purent récupérer sur le terrain les engins immobilisés et en réparer environ 230. 90 Panzer I furent définitivement perdus. Au 1er janvier 1940, il y avait encore environ 850 Panzer I en dotation dans l’armée allemande. Ceux-ci allait participer aux nouvelles campagnes de la Wehrmacht.

Le Leichttraktor

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne fut condamnée par le Traité de Versailles à détruire ou à livrer aux vainqueurs tous ses armements lourds existants et également à cesser toute recherche portant sur un quelconque matériel militaire, à l’exception bien entendu de l’équipement des forces de police et d’auto-défense. En ce sens, l’Allemagne fut autorisée par exemple à s’équiper d’auto-mitrailleuses en petit nombre. Les chefs de l’armée allemande étaient bien décidés à contourner autant que possible les limitations du Traité de Versailles, mais comme aucun projet de char ne pouvait être toléré, les études portèrent officiellement sur l’élaboration d’un tracteur agricole. Cela allait permettre le développement de véhicules militaires blindés: des chars et des canons automoteurs.

Cependant, la réalisation de prototypes restait impossible sur le territoire allemand, constamment sous la surveillance des commissions interalliées. Aussi les fabricants allemands installèrent-ils des filiales en pays neutres, la Hongrie et la Suède. Cela permettait aux Allemands de mettre leurs idées en pratique et le résultat des recherches était partagé avec les firmes locales; de plus, les armées hongroises et suédoises achetèrent les quelques prototypes produits. Le plus simple pour les Allemands, à la fois d’un point de vue technique et d’un point de vue financier, était de mettre au point un char léger et rapide qui pouvait être utilisé dans des unités de cavalerie propres à assurer la reconnaissance d’une part, l’exploitation des percées d’autre part. Ce projet fut désigné VK 31.

L’étude de ce nouveau véhicule, bientôt baptisé Leichttraktor, Leichter Traktor ou encore Kleiner Traktor (tracteur léger ou petit tracteur respectivement), fut lancée par la Reichswehr le 28 Mars 1928. Un appel d’offres fut lancé, et le cahier des charges spécifiait un véhicule de combat à chenilles d’un poids de 12 tonnes.  Très rapidement, le poids prévu fut revu et estimé à 7,5 tonnes, avec un blindage de 14 mm à l’avant , un équipage de 4 hommes (chef de char, conducteur, chargeur, radio), et un armement consistant en un canon semi-automatique de 37 mm avec une mitrailleuse co-axiale de 7,92 mm.  Le canon devait être le 3.7 cm Pak L/45 dont Rheinmetall venait de sortir les premiers exemplaires pour l’artillerie tractée. Le char devait aussi avoir une radio pour les communications vocales dans un rayon de 2-3 km et un télégraphe permettant de communiquer en morse jusqu’à 7 km. Il devait être étanche afin de pouvoir passer à gué les cours d’eau et aussi pour pouvoir isoler l’équipage d’une éventuelle attaque chimique. La vitesse devait être de 35 km/h sur route et de 20 km/h en tout-terrain.

Krupp et Rheinmetall (à l’époque pas encore fusionné avec Borsig, ce qui n’interviendra qu’en 1936) répondirent à l’appel d’offres et mirent au point des prototypes très similaires. Les ingénieurs de Rheinmetall se basèrent  sur une suspension à ressorts à lames de tracteur. Chaque côté était doté de 12 roues, protégées par des jupes latérales, avec trois ouvertures pour nettoyer la boue de la suspension. La coque était une combinaison de plaques soudées et rivetées d’acier blindé de 4 à 10 mm d’épaisseur. L’avant abritait la transmission et le moteur Daimler-Benz M36 six cylindres à essence refroidi par liquide, qui pouvait développer 100 CV de puissance. La partie centrale abritait le compartiment du chef de char, le conducteur étant assis sur le côté gauche sous un tourelleau rectangulaire comportant des fentes de vision. L’équipage était donc réduit à deux hommes au lieu de quatre initialement prévus.

Les ingénieurs Krupp n’avaient pas confiance dans les châssis des tracteurs et ont construit leur propre modèle. Le véhicule Krupp était légèrement plus long et plus haut, ce qui permit d’ajouter deux trappes sur le côté pour l’entrée et l’évacuation de l’équipage. Le char Krupp avait 6 petites roues de chaque côté, avec une suspension à ressorts hélicoïdaux. Rheinmetall était responsable de la conception des deux types de tourelles. Quatre prototypes furent construits entre 1929 et 1933 et coûtèrent moins de 50.000 Reichsmarks (soit environ 26.000,00 € de nos jours). Deux prototypes furent construits par Krupp et portèrent les numéros 37 et 38, et deux prototypes furent construits par Rheinmetall avec les numéros 39 et 40.

Les prototypes construits avaient un poids de 9,660 t (Krupp) et 9,880 t (Rheinmetall), une longueur de 4,35 m (Krupp) et 4,21 m (Rheinmetall), une largeur de 2,37 m (Krupp) et 2,26 m (Rheinmetall) et une hauteur de 2,35 m (Krupp) et 2,27 m (Rheinmetall). Les engins, ayant toujours une existence illégale, ne pouvaient être testés en Allemagne même. Cependant, les autorités allemandes avaient développé leur coopération avec l’Union Soviétique à la suite des accords de Rapallo signés en 1922, et les deux nations avaient renforcé leurs liens par un nouveau traité en 1924. En particulier, l’Oberstleutnant aus dem aktiven Dienst Wilhelm Malbrandt (lieutenant-colonel de réserve; âgé d’une cinquantaine d’années, il avait déjà quitté le service actif) avait été envoyé en Union Soviétique en 1926 pour trouver un site propice à l’établissement d’une école de chars et d’un terrain de manœuvre, utilisables conjointement par les deux nations. Malbrandt trouva une caserne d’artillerie désaffectée à Kazan qui convenait parfaitement et un camp fut bientôt installé à cet endroit. Il fut baptisé Kama, un acronyme formé avec les noms Kazan et Malbrandt. Les prototypes furent donc envoyés au camp Kama en 1933 pour être étudiés par une commission technique spéciale créée pour l’occasion et composée conjointement de spécialistes allemands et soviétiques. Les véhicules parcoururent chacun entre 1660 et 1865 km, et il apparut bientôt que, au moins dans les prototypes Rheinmetall, le chef de char et le conducteur se gênaient mutuellement à cause de l’exiguïté de la caisse. En particulier, il était presque impossible d’utiliser la mitrailleuse coaxiale tout en chargeant le canon.

Les spécialistes soviétiques décidèrent que ces véhicules n’étaient pas d’un grand intérêt pour l’Union soviétique. Toutefois, ils étudièrent la suspension, les tourelles (notamment l’installation d’une mitrailleuse coaxiale), ainsi que les radios des chars. Les spécialistes allemands, de leur côté, craignaient qu’une modernisation ne soit pas possible sans augmenter le poids et réduire encore la mobilité déjà insuffisante de ces chars, les rendant définitivement inutilisables.

Entre-temps, en 1932, 289 unités avaient été commandées, mais le projet fut annulé en faveur d’autres développements, tels que le Panzerkampfwagen I. Aucun autre véhicule ne fut produit. La coopération entre l’Union soviétique et l’Allemagne prit fin, KaMa fut fermé et les quatre Leichttraktors furent rapatriés en Allemagne et entreposés à Münster. De 1935 au début de la Seconde Guerre mondiale, ils prirent part aux grandes manœuvres destinées à tester le concept de Panzer-Division au terrain d’entraînement des troupes du camp de Münster (Truppenübungsplatz des Münsterslager). Les Leichttraktors furent ensuite transférés à la toute nouvelle école de tir des blindés de Putlos (Panzerschießschule Putlos), installée près de Oldenburg, entre Kiel et Lübeck dans le Holstein. Ils furent utilisés pour l’entrainement des équipages pendant plusieurs années encore, et furent continuellement modifiés afin d’expérimenter sur le terrain de nouvelles idées dans la conception des futurs chars légers.

Nous n’avons pas d’information portant sur le sort final des quatre prototypes de Leichttraktor qui ont été fabriqués; ils furent probablement ferraillés à la fin de la guerre.

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Les Panzer à proprement parler, c’est-à-dire les systèmes d’arme et engins divers utilisés par l’arme blindée allemande, sont les premiers à être abordés, mais les tanks américains et leurs homologues des autres nations: français, britanniques, soviétiques, etc. suivront dès que possible. Nous éditerons également dans les mois qui viennent des articles sur les chefs de char et les équipages, les fabricants, les ingénieurs et les designers, les engagements marquants, ainsi que les doctrines d’emploi.

Enfin, chaque vendredi, un article appelé éditorial parle des blindés WW2 dans l’actualité culturelle: jeux vidéo FPS/stratégie, musique, films, romans, biographies, études historiques, manifestations diverses, reconstitutions, visites. La liste n’est pas exhaustive, tout ce qui présente un intérêt direct pour notre site sera abordé. Naturellement, toute personne qui souhaite présenter un site, un ouvrage ou un événement en rapport avec le contenu du site est la bienvenue, nous serons ravis d’en faire la publicité. Pour cela, il suffit de laisser un bref commentaire ci-dessous indiquant le sujet et le moyen d’entrer en relation, ou bien de nous adresser un courriel.

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