Panzer II – Le Luchs – Les Conversions

Le modèle suivant fut l’Ausf. L, appelé aussi Luchs (lynx), et répertorié en tant que Sd.Kfz.123. 104 unités furent construites entre septembre 1943 et janvier 1944. Il se révéla être un excellent char de reconnaissance (concept appelé Panzerspähwagen). Il pesait 11,8 tonnes et était propulsé par un moteur Maybach HL 66 de 180 chevaux associé à une boîte de vitesses ZF Aphon SSG48. Le blindage tant à l’avant que sur les flancs était épais de 30mm. Sa vitesse maximale était de 60 km/h sur route et de 42 km/h en tout-terrain et son autonomie était de 290 km. Il était armé du 2cm KwK 38 L/55 avec 330 coups, et d’une mitrailleuse MG-34 avec 2 250 coups. Il était également équipé d’une radio FuG12 MW en réception et d’une radio FuG Spr. A de 80 watts en émission, avec intercom. L’équipage était désormais de quatre hommes, ce qui permettait au chef de char de se concentrer sur son rôle, d’autant plus qu’il disposait de son propre tourelleau. Les Luchs servirent sur le front de l’est et le front de l’ouest jusqu’à la fin de la guerre, au sein des Panzer-Aufklärung-Abteilungen des unités de la Heer et de la Waffen-SS.

Il y eut également un prototype appelé Leopard (VK1602), qui était dérivé du Luchs, mais armé d’un 5 cm KwK39. Il ne fut pas achevé. MAN avait déjà auparavant tenté de fabriquer un Pz.Kpfw. II avec une tourelle ouverte armée d’un 5 cm KwK39, en réutilisant les châssis de l’Ausf.H. 4 prototypes furent construits en août 1942 et furent nommés Ausf.M, mais il ne furent jamais mis en service.

Lorsque le Panzer II fut obsolète, les châssis encore en production furent équipés pour devenir différents types de véhicules. Une conversion notable est la fabrication de 180 (ou 155?) Flammpanzer II Flamingo ou Sd.Kfz. 122, basés sur le châssis des Ausf. D et Ausf. E. Ils furent produits (ou convertis pour 43 d’entre eux) entre janvier 1940 et août 1941 par Wegmann. Ils étaient équipés de la mitrailleuse MG34, mais avec une nouvelle tourelle munie de deux lance-flammes, chacun placé à un des coins avant de la tourelle et capable de couvrir 180° en azimut et 20° en élévation. Commandés à distance de l’intérieur du char, les lance-flammes étaient capables d’envoyer 80 jets de feu d’une durée de 2 à 3 secondes sur une distance de 25 m, grâce à un réservoir de fuel de 320 litres et quatre réservoirs d’azote sous pression placés sur les flancs du char dans des caisses blindées. Le blindage sur l’avant/les flancs/l’arrière était respectivement de 30mm/14,5mm/14,5mm pour la caisse et 30mm/20mm/20mm pour la tourelle. Les dimensions étaient légèrement différentes: un peu plus long (4,90m), un peu plus large (2,40m), mais un peu plus bas (1,85m). Les Flammpanzer embarquaient une radio FuG 2, et il existait deux variantes, soit l’Ausf.A et l’Ausf.B, car la suspension différait légèrement selon les modèles. Ils servirent pendant Barbarossa, au sein des Panzerabteilungen (F) 100 et 101, rattachés respectivement à la 18. et la 7. Panzerdivisionen.

Toutefois, comme leur blindage était nettement insuffisant, on donna l’ordre en décembre 1941 d’en convertir la plupart en chasseurs de chars, ainsi que la plupart des Panzer II encore en service et des châssis en production. Le résultat fut le Marder II, un des chasseurs de chars les plus efficaces de la Heer. La première version, portant la désignation Sd.Kfz. 132, utilisait les châssis à suspension Christie qui équipaient les Panzer II Ausf. D et Ausf. E, ainsi que les Flammenwerferpanzer Flamingo. Les T-34 et les KV-1 soviétiques devaient pouvoir être engagés à distance normale avec un véhicule possédant une bonne mobilité et une bonne puissance de feu. Les Panzerjäger I et les canons anti-tank tractés étaient inadéquats. Dans l’urgence, des canons anti-chars soviétiques de prise, 76,2 mm F22 modèle 1936, furent récupérés et fournis à Alkett et Wegmann. Les canons furent rechambrés pour accepter la munition PanzerGranate 40 alors en dotation dans l’armée allemande, et qui leur conférait une meilleure efficacité. 201 chasseurs de chars furent produits de cette manière, du début de 1942 au début de 1943. Leur appellation exacte était 7.62 cm PaK 36(r) auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II Ausf. D/E. L’arme était installée dans un compartiment ouvert, ce qui lui permettait de conserver un débattement acceptable. Une plaque de 30 mm à l’avant et de 10 à 15 mm sur les côtés faisait office de bouclier, tandis qu’il n’y avait pas de toit ni de protection arrière. L’ensemble avait une silhouette haute de 2,60 m et laissait l’équipage à la fois très repérable et sans protection. Toutefois, le Marder II était redoutable en embuscade à cause de sa puissance de feu.

En janvier 1942, deux châssis furent utilisés et équipés du canon de 5cm PaK 38, sous l’appellation 5 cm PaK 38 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II. Toutefois, sa capacité de pénétration était insuffisante face au T-34. L’expérience fut abandonnée, et lorsque les canons de 7,5 cm devinrent disponibles en nombre et commencèrent à remplacer les PaK 38 de 50 mm, une deuxième version du Marder II fut fabriquée en grand nombre. Elle porta la désignation Sd.Kfz. 131. Cette version était principalement une conversion des Panzer II Ausf. A, Ausf. B et Ausf. C retirés du service, mais elle utilisa aussi les châssis Ausf. F qui avaient été produits. Tous les modèles étaient donc équipés du 7,5 cm Pak 40 qui commença à équiper la Heer en avril 1942. FAMO, MAN et Daimler-Benz convertirent 576 Panzer II entre juin 1942 et juin 1943, puis FAMO convertit encore 75 Panzer II des dernières séries entre juin 1943 et le début de 1944. Le compartiment de combat était un peu plus large et un peu plus bas de 40 cm (soit 2,20m). Leur appellation était 7.5 cm PaK 40 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II.

Les Panzer II furent également convertis en canons automoteurs, selon deux modèles différents. Le premier modèle fut appelé 15 cm schwere Infanterie Geschütz 33 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II (Selbstfahrlafette), abrégé en Sturmpanzer II Bison. Il accueillait un mortier d’infanterie (howitzer) de 150 mm dans un compartiment ouvert semblable à celui du Marder II, qui lui permettait un débattement de +/- 5° en azimut. Le bouclier avait une épaisseur de seulement 15 mm, et l’engin pesait 11,2 t. Un premier prototype avait été élaboré par Alkett en février 1941 avec le châssis de l’Ausf.B, mais comme le canon était trop lourd, un nouveau châssis allongé de 60 cm et élargi de 32 cm fut extrapolé de celui de l’Ausf.B, avec une sixième roue de route. De larges trappes furent ajoutées à la plate-forme arrière pour mieux refroidir le moteur fourni par Bussing-NAG. 12 engins furent construits et mis en service dans l’Afrika Korps en décembre 1941. Après le développement du Bison, Alkett conçut une version pour le montage de l’obusier de 10,5 cm leichte Feldhaubitze 18/2, sous le nom de Wespe (la guêpe). Le Panzer II s’avéra être un châssis efficace pour cette arme et il fut largement produit. Entre février 1943 et juin 1944, 683 exemplaires furent construits par FAMO dans son usine de Varsovie, plus encore 158 véhicules de transport de munitions construits sur le même châssis. Le Wespe servit avec les forces allemandes sur tous les fronts.

D’autres transformations furent effectuées:
- le Brückenleger auf Panzerkampfwagen II : char porte-pont
- le Leichte Feldhaubitze 18 auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II ou Wespe: canon automoteur
- le Munitionsselbstfahrlafette auf Fahrgestell Panzerkampfwagen II : transport de munitions
- le Panzerkampfwagen II mit Schwimmkörper : version amphibie destinée à l’invasion du Royaume-uni (opération Seelöwe)
- le Bergepanzerwagen auf Panzerkampfwagen II Ausf. J : véhicule de dépannage et de remorquage

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