Archives du mot-clé Panzer General Online

Editorial du 27 septembre 2013

Nous continuons à explorer Panzer General Online. Après avoir terminé les premières missions du tutoriel, le joueur a la possibilité d’effectuer sa première campagne, l’Opération Husky.

Les premiers tutoriels ont été abordés dans notre précédent article.

Remporter la victoire dans le quatrième tutoriel (ils sont tous très faciles) permet de passer au niveau 3, ce qui débloque la campagne solo appelée “Operation Husky”, d’après le nom de code de l’invasion de la Sicile par les troupes alliées en juillet 1943. Cette campagne comporte trois missions appelées quêtes comme dans un jeu de rôle. Le mode défi devient lui aussi accessible. En fait, les cinquième et sixième tutoriel ne sont accessibles qu’au niveau 4; ils concernent les règles avancées de Panzer General Online. De même, les septième et huitième tutoriels ne seront accessibles qu’au niveau 7, car ils expliquent les règles “expert”. On va donc maintenant attaquer la première mission de la campagne.

L’Opération Husky est le débarquement des troupes alliées en Sicile qui a débuté le 10 juillet 1943, et qui faisait suite à la victoire définitive remportée contre les forces de l’Axe en Afrique. L’invasion se fit par la mer, et aussi par les airs. Les 3.400 parachutistes du 505th Regiment de la 82nd Airborne Division, commandés par le Colonel James Gavin, furent largués sur les hauteurs au nord-ouest des plages de Gela. La météo épouvantable dispersa les parachutistes sur tout le sud-est de la Sicile, mais en même temps, cette dispersion fut à l’origine d’une grande confusion dans les rangs de l’ennemi. Bien que les parachutistes aient été dépourvus de matériel lourd, les troupes de l’Axe mirent un certain temps à se coordonner et à réagir. Cela laissa le temps aux hommes de Gavin pour se regrouper, tenir et finalement faire leur jonction avec les autres unités.

C’est dans ces circonstances que nous retrouvons la première mission proposée, qui s’appelle “Scattered In The Countryside” (dispersés à travers la campagne). On dispose d’une section de mortier, d’un peloton de chars légers M3 Stuart et de deux sections de fusiliers. La mission est très simple et très facile, il est d’ailleurs étonnant de constater à quel point l’intelligence artificielle est faible: très passive, elle n’attaque pas lorsqu’elle le pourrait, et par ailleurs, place mal ses unités. Des unités fortes en défense (sections de mitrailleuses) restent exposées sur des cases où elles peuvent être facilement éliminées; c’est également le cas du quartier général qui n’est que peu protégé. On se perd en conjectures sur une telle impuissance de l’ordinateur, qui n’oppose presque pas de résistance: est-ce dû au fait qu’on veut favoriser une progression rapide du joueur au début ? ou qu’on est encore très loin de la fin du développement ? ou bien que les développeurs n’ont pas accordé grande importance à l’intelligence artificielle, parce qu’au final les parties solo sont censées rester marginales en regard du multijoueur ?

De toute manière, le jeu est constamment amélioré et corrigé, ce qui est bien normal en période de beta fermé. Le serveur se retrouve en maintenance quasiment tous les jours (heureusement les interventions sont relativement courtes), on peut donc espérer que l’intelligence artificielle sera progressivement mise au point pour des parties solo plus intéressante. Pour l’instant, l’impression laissée par la première mission se confirme dans la deuxième, qui en est d’ailleurs la suite. Les parachutistes doivent se regrouper au nord de Gela et capturer les hauteurs qui dominent les plages, afin de tenir jusqu’à la relève qui doit être effectuée par des unités du U.S. II Corps du Général Omar Bradley.

On dispose des mêmes unités que dans la première mission, visiblement l’adversaire aussi. Encore une fois, il place sa section de mortiers en première ligne, la laissant extrêmement vulnérable. Qui plus est, le quartier général est situé derrière les mortiers, et sans troupe entre les deux pour tenir la ligne de soutien. En outre, l’ordinateur dépense ses points de commandement de manière inconséquente. En trois tours, la question est réglée: tour un, on avance et on se positionne; tour deux, on détruit les mortiers et on réalise la percée; tour trois, on supprime les deux derniers points de commandement de l’adversaire par une attaque directe sur le quartier général. Victoire facile, comme d’habitude… On espère vivement que ça va se corser par la suite, et on souhaite pouvoir se frotter rapidement au multijoueur. Nous avons suffisamment d’xp pour passer au niveau 4.

Le cinquième tutoriel est donc disponible. Il s’appelle “Through The Woods” (A travers la forêt), et il nous permet d’expérimenter les modifications de valeur d’attaque et de défense dues au terrain. En l’occurrence, certaines unités amies ou adverses sont placées sur des hexagones de terrain boisé, et gagnent un bonus: une section de fusiliers est plus efficace en restant à couvert, car, bien camouflée, elle peut attendre que l’adversaire se rapproche avant d’ouvrir le feu. Dans ce tutoriel, chaque camp possède plus de cartes et de points de commandement que dans les précédents tutoriels, tout en utilisant encore une fois les mêmes unités (au nombre de quatre pour chaque camp). Mais cela ne change pas grand-chose au résultat. Notre section de fusiliers à couvert attaque deux fois de suite son alter-ego à découvert, qui doit se replier et laisser la place à une autre section de fusiliers, elle aussi attaquée deux fois de suite. Étrangement, l’ordinateur reste très passif, et en outre, laisse cette unité en place alors qu’il ne lui reste qu’un point de vie. Nous la détruisons avec la section de mortiers placée en soutien, et au tour suivant, l’utilisation d’une carte d’assaut nous permet d’éliminer les trois unités adverses en un tour, nous assurant là encore une victoire facile.

Editorial du 23 août 2013

Ubisoft ressuscite Panzer General et lance Panzer General Online, un jeu gratuit sur navigateur

Les amateurs de blindés et de jeux vidéo de stratégie se souviennent encore aujourd’hui d’un jeu extraordinaire, Panzer General, qui fut édité en 1994 par SSI (Strategic Simulations Inc.). Ce jeu fut la cause de bien des nuits blanches, pour moi comme pour bien d’autres personnes. Panzer General était un jeu vidéo de stratégie en tour par tour qui proposait 38 scénarios portant sur la seconde guerre mondiale, de l’invasion de la Pologne (1939) à la chute de Berlin (1945), et surtout cinq campagnes où le joueur incarnait un général allemand de l’Axe : Pologne (1939), Afrique du Nord (1941), Barbarossa (1941), Italie (1943), Kharkov (1943); en fonction des performances du joueur, ces campagnes pouvaient déboucher sur des scénarios fictifs. En particulier, si le joueur réussissait toutes les missions historiques qui lui incombaient, il se voyait proposer d’envahir le Royaume-Uni, puis les Etats-Unis.

La carte en 2D représentait des territoires à l’échelle d’une région ou d’un pays. Elle était divisée en hexagones, chacun représentant un type de terrain (forêt, rivière, ville, désert, montagne, etc.). Le joueur voyait la carte dans son intégralité, mais en revanche, il ne connaissait que les unités ennemies à proximité des siennes. Le résultat du scénario dépendait de la valeur des objectifs atteints à la fin du nombre de tours imparti. Toutes les catégories d’armes pouvaient être utilisées: infanterie, blindés, artillerie, aviation, marine, etc. L’arsenal des différentes nations était fidèlement représenté, à travers une silhouette et des caractéristiques propres à chaque unité: déplacement, carburant, munitions, initiative, portée de repérage des ennemis, portée de tir, expérience, force, niveau de retranchement, capacités d’attaque contre différents types d’adversaires, capacités de défense face aux différents types d’attaque. Le type de terrain apportait des modifications de valeur en attaque, déplacement et défense, et d’ailleurs les conditions météorologiques pouvaient évoluer, apportant elles aussi des modifications aux valeurs d’attaque, de défense et de déplacement. Naturellement, il fallait faire preuve d’un bon sens tactique et savoir combiner l’utilisation des différents types d’unité pour combiner. Le fait que l’ennemi soit caché incitait à la prudence; le nombre limité de tours incitait à l’audace. Bref, Panzer General, comme tout bon jeu de stratégie, était un jeu facile à comprendre et difficile à maîtriser. D’ailleurs, le jeu n’était pas un jeu de grande stratégie à proprement parler; le joueur incarnait une sorte de général en chef, et seulement cela. Il n’avait donc pas accès à la recherche technologique, aux choix politiques ou diplomatiques, ni à la gestion des ressources. A la place, un système où il gagnait (ou perdait) du prestige en fonction de ses résultats, les nouvelles unités à créer coûtant un nombre plus ou moins important de points de prestige.

Le jeu ayant eu un énorme succès, a eu plusieurs suites; aujourd’hui encore, une simple recherche sur Google permet de le trouver aisément en téléchargement gratuit sur des sites spécialisés qui proposent des jeux considérés comme étant tombés dans le domaine public. Ce n’est bien sûr pas strictement le cas, mais peu de gens paieraient pour un jeu vidéo sorti voici bientôt 20 ans, donc Panzer General fait partie de ces jeux dont, de facto, plus personne ne réclamera les droits. Il faudra un émulateur pour le faire fonctionner, mais là aussi c’est assez facile à trouver sur internet (DosBox).

La société de Joel Billings n’existe plus aujourd’hui, mais les actifs de l’entreprise ont fini dans l’escarcelle de Ubisoft il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui Ubi n’exploite plus le label SSI, mais a décidé de ranimer la série, en confiant la réalisation de Panzer General Online à Funatics Software et à sa filiale Blue Byte. Blue Byte a depuis 25 ans créé des titres mythiques eux aussi: Battle Isle, The Settlers, etc. Après avoir été longtemps un studio de développement indépendant, basé à Dusseldorf, la société a finalement été rachetée pour devenir en quelque sorte “Ubisoft Allemagne”. De son côté, Funatics est une société créée en 1998 par des anciens de chez Blue Byte, qui ont étroitement collaboré à la série des Settlers, et qui ont également créé la série des Cultures, et différents jeux comme Paraworld (en freelance). Le projet est donc globalement dans de bonnes mains, chez des gens qui font de bons jeux de gestion/stratégie.

Panzer General Online a été annoncé il y a seulement quatre jours, il n’y a donc pas beaucoup d’informations disponibles à son sujet; la date de lancement de la beta fermée n’est pas connue (elle aura lieu cette année, ce qui est assez vague) mais on peut s’inscrire sur le site de Panzer General Online pour demander à y participer.

Le jeu sera un jeu de stratégie militaire en tour par tour très semblable à son ancêtre, mais il sera un jeu gratuit sur navigateur (sans téléchargement donc). Ainsi, la partie solo sera réduite à une sorte de gros tutoriel, qui comportera une campagne de l’axe basée sur le front de l’ouest, de la bataille de Normandie à la bataille des Ardennes, et une campagne alliée basée sur le front de Méditerranée, de la Sicile à Monte Cassino. La majeure partie du jeu se déroulera en multijoueurs, avec trois modes de jeu, actuellement appelés en anglais: Survival, Skirmish, Ranked Battle. Comme avant, on devra jouer finement en contrôlant de nombreuses unités lors de batailles inspirées de modèles historiques. Toutefois, on pourra collectionner des cartes d’unités d’élite et d’ordres spéciaux et les échanger, les acheter et les revendre, pour se constituer un “deck” original. Le joueur progressera par niveaux, en accumulant des crédits et des points d’expérience; il sera possible de conclure des alliances.

L’annonce a été assortie d’une cinématique de présentation, mais elle ne dévoile rien du gameplay: Vidéo youtube de présentation
Reste les quatre captures d’écran présentes sur le site du jeu, tout de même plus explicites.

Affaire à suivre